AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez|

The body || Sully

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
avatar

Caem O'Toole
LTTP Member


❖ STATUT : Si pour les apparences Caem est marié, il se considère en réalité comme célibataire. Libre comme l'air. Discrètement bien sûr, mais libre comme l'air.
❖ ORIGINES : Irlande. Son pays. Son sang. Il est, comme il aime à le dire, "pur".
❖ RELATIONS : || Sully : uc
|| Connor : frère | RIP
|| Eimer : femme & amie
|| Glenn : fils âgée de 11 ans
|| Geillis : fille âgée de 12 ans
|| Luca : uc
❖ pseudo : J.
❖ CELEBRITE : Colin O'Donoghue
❖ AGE : 34
❖ MESSAGES : 28
❖ CRÉDITS : J. (avatar & gifs) - black pumpkin (code signature)
❖ PIEGE DEPUIS : 03/10/2017
❖ Clovers : 74
Voir le profil de l'utilisateur http://lttp.forumactif.org/t3933-caem-there-s-something-inside-me-that-pulls-beneath-the-surface http://lttp.forumactif.org/t3959-caem-crawling-in-my-skin-mob-tu http://lttp.forumactif.org/t3960-caem-stuck-in-reverse#47584
MessageSujet: The body || Sully   05.10.17 18:30

The body



Il est trop rare que je sois à la maison le soir. Bien trop rare. Elle me le fait souvent remarquer. Pas de manière blessante, c’est juste que je manque aux enfants, que je lui manque à elle aussi. Pas d’amour, de la tendresse, et ça suffit à ce que mon absence soit remarquée. Ce soir pas d’absence cependant. Dîner en famille, tous les quatre et je vois aux sourires des enfants que ça leur fait vraiment plaisir que leur père soit à la maison. Des mots échangés, des rires partagés, je ne peux nier que cela me fait du bien. Cela me sort de la noirceur quotidienne et j’en ai besoin plus que jamais en ce moment. Trop de cauchemars. Trop de visages qui reviennent me hanter même lorsque je suis éveillé. Beaucoup trop. Mais leurs visages à eux trois ne me hantent pas. Leurs visages m’apportent joie et paix. Alors ce moment je le savoure pleinement, sans me poser la moindre question. Je déguste le plat divin préparé par ma femme, je profite de cette bulle de bonheur qu’on veut bien me permettre. La bulle de bonheur à laquelle j’aspire entre ces quatre murs. Les parois de la bulle sont mises à l’épreuve quand j’entends mon téléphone sonner. L'attention de tout monde se porte tout de suite sur le téléphone posé derrière sur la table basse et je m'excuse avant de me redresser et de sortir de table pour aller récupérer mon téléphone. Je ne connais pas le numéro. Nouveau contrat donc ? Possible. Il est un peu tard mais ce genre d'appel n'arrive pas forcément au milieu de la journée, au contraire. Ou peut-être un nouveau client pour le cabinet. Largement plausible également. Je décroche.

« O'Toole. »

Ton froid. Ton formel.

« Monsieur O'Toole ? Caem O'Toole ?
- Lui-même. A qui je m'adresse ? »

Froideur intensifiée. Il est rare qu'on use de mon prénom pour un nouveau contrat. En fait, ça n'est encore jamais arrivé.

« Pardon de vous déranger à cette heure-ci, je vous appelle de l'hôpital.
- L'hôpital ? »

C'est le mot « magique ». Bruit de siège, je me retourne, voit Eimer faire quitter la salle à manger aux enfants qui s'éclipsent dans les escaliers pour monter dans leurs chambres. Et pendant ce temps, au bout du fil, des mots sont prononcés, des mots qui me figent sur place. Droit. Tendu comme un arc. Pendant ce temps, la bulle de bonheur éclate.

« Oui. Vous êtes bien le frère de Connor O'Toole ?
- Oui.
- Je suis désolée mais votre frère a eu un accident de la route. »

Hôpital. Frère. Accident de la route. Les mots font leur chemin, le cerveau enregistre, le cerveau réfléchit. Les mots s'en suivent.

« Est-ce qu'il va bien ? Est-ce que c'est grave ? »

Eimer se rapproche et une fois arrivée à ma hauteur, elle tend la main vers moi. Main dont je me saisis sans attendre. Et je serre. Je serre fort. De plus en plus fort quand l'horreur est annoncée par la voix de cette inconnue.

« Je suis vraiment désolée mais il n'a pas survécu à ses blessures.
- Quoi ? »

La voix n'est qu'un souffle. La main serre un peu plus celle d'Eimer.

« Il était déjà décédé lorsque les pompiers sont arrivés sur les lieux de l'accident. »

Je vois Eimer pâlir, sans doute parce que je pâlis moi-même au fil des secondes. Doucement, ça se brise en moi. Tout doucement. Douloureusement. Je ne dis plus rien. Je ne bouge plus. Seuls mes yeux s'activent pour laisser apparaître des larmes. Je crois qu'Eimer comprend à ce moment-là puisqu'elle plaque sa main libre contre sa bouche.

« Monsieur O'Toole ? Vous êtes là ? »

Je hoche la tête de haut en bas. Idiot que je suis.

« Monsieur O'Toole ?
- Oui... Oui.
- Je suis désolée mais nous allons avoir besoin que vous passiez à la morgue pour identifier le corps. »

Le corps.

« A moins que quelqu'un d'aut...
- Non. Il n'y a que moi. »

Comme si je pouvais demander à ma mère de le faire. Ma mère...

« Est-ce que demain matin v...
- Maintenant. Je veux venir maintenant.
- Vous êtes sûr ?
- Oui. C'est bon ? Je peux ?
- Bien sûr oui. Je vais vous explique c...
- Pas la peine. Je connais. »

Et je raccroche.

« Caem ?... »

Ma bouche s'ouvre puis se referme. Puis s'ouvre encore.

« Il que j'aille identifier le corps.
- Connor ?...
- Oui. »

Qui d'autre ? Elle s'approche de moi, me prend dans ses bras et je lui rends l'étreinte. Un instant. Juste un instant parce que si cette étreinte se poursuit elle risque de me faire craquer et je ne peux pas me le permettre. Je me recule donc assez vite, prends une profonde inspiration et me détourne pour aller récupérer ma veste en cuir et les clés de la voiture, Eimer sur mes talons. Eimer qui semble lutter elle aussi contre des larmes. Connor et moi avions beau avoir choisi des chemins différents, nous ne nous aimions pas moins. Et Eimer adorait Connor. Et je percute.

« Les enfants... »

Ils vont poser des questions. C'est sûr et certain.

« Je vais leur dire qu'il a eu un accident mais j'attendrai que tu sois revenu pour leur parler. Caem...
- Hm ?
-Je suis tellement désolée...
- Oui... »

Puis rien d'autre n'est ajouté. Ni de ma part, ni de la sienne. Je m'en vais. Tout simplement. Sur le trajet qui me mène à l'hôpital, je repense à la conversation. J'essaye de donner un semblant de réalisme à tout ça et c'est difficile. Si difficile... On me demande de venir l'identifier mais il est possible qu'ils se soient trompés non ? Et un type avait volé le porte-feuille et la voiture de Connor ? Et si finalement il était tout simplement chez lui, à regarder un vieux film comme il aime le faire souvent, ou à la caserne ? Rien n'est sûr. Rien n'est certain. Pas tant que je n'aurai pas vu le corps. Et comme un idiot, comme un fou, je m'accroche à cet infime espoir que ce soit une erreur. Je m'y accroche avec tant de force... Malgré cet espoir, il me faut plusieurs minutes avant de pouvoir pénétrer à l'intérieur de l'hôpital une fois arrivé devant. De longues minutes pendant lesquelles je fais en sorte de me calmer et de revêtir le masque. Et lorsque je passe les portes, lorsque je m'avance dans les couloirs qui mènent jusqu'à la morgue, dont je connais l'emplacement, c'est cet homme droit et froid que les quelques personnes que je croise peuvent voir. Le même Caem qu'à l'accoutumée. C'est avec cette même froideur et cette même distance que je pousse la porte qui mène jusqu'à la morgue. Un couloir. Un bureau au fond du couloir. Une silhouette féminine assise au bureau : celle qui a dû m'appeler. Elle se lève subitement quand elle me voit arriver. Une poignée de main plus tard, de nouvelles condoléances présentées alors que le corps n'est pas encore identifié, et elle me demande de m'asseoir et de patienter. Ce que je fais. J'attends.

Et j'espère. J'espère au point que je sors mon téléphone, prêt à essayer d'appeler Connor. Je me retiens de le faire pour une seule raison : si j'entends sa sonnerie dans la pièce d'à côté ce sera terminé et je ne veux pas que ce soit terminé.

Pas encore.




(c) sweet.lips
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Sullivan Mac Mahon
Good doctor


❖ STATUT : Gendre idéal que tous rêvent de marier.
❖ ORIGINES : Traditionalisme irlandais depuis toujours.
❖ RELATIONS : {CONSTANTINE} Oldest brother.
{RAFFERTY} Best friend.
{CAEM} uc.
{RORDAN} Funny assistant.
❖ pseudo : wiise
❖ CELEBRITE : Seb Stan
❖ AGE : 24
❖ MESSAGES : 75
❖ CRÉDITS : Shellhead
❖ PIEGE DEPUIS : 03/10/2017
❖ Clovers : 118
Voir le profil de l'utilisateur http://lttp.forumactif.org/t3934-sullivan-wild-thoughts
MessageSujet: Re: The body || Sully   05.10.17 19:36

Il est difficile, dans un métier comme le tien, de savoir quand tu peux qualifier une journée de bonne, ou de mauvaise. Les corps s’enchainent. Les morts défilent. Pour toi, rien de macabre à ton métier. Aucune fascination pour la mort en elle même. Qui plus est, tu as choisi d’être lié à la police et non juste à un établissement de soin quelconque. Tu es là pour percer les secrets des corps. Pour participer à l’élucidation des enquêtes. Le frisson de l’inconnu, de l’exploration des méandres du corps. Percer à jour les mystères, découvrir les secrets et faire parler, en un sens, les morts. Posant le dernier scalpel nettoyé, ton assistant ayant du partir plus tôt, tu termines de te laver les mains lorsque le téléphone sonne. Un officier de police t’averti qu’un nouveau corps est en chemin, qu’il faudra l’autopsié rapidement pour déterminer si la mort est véritablement accidentelle. Tu n’as pas pu voir la scène de l’accident, un accident de voiture, qu’il te dit au bout du fil, mais des photos te seront livrées en même temps que le cadavre. Tu acquiesces avant de raccrocher. Apparemment rien d’urgent et vu l’heure avancée du début de soirée, tu n’as qu’une envie, rentrer chez toi et profiter d’un repas chaud et d’un verre de vin. Un peu chaleur après une journée passé dans une atmosphère aseptisée et froide, à laquelle tu t’es pourtant habitué. Gagnant ton bureau donnant directement sur la morgue, dont la porte est grande ouverte, tu retires ta blouse pour l’y déposer sur un des portes manteaux, commençant à rassembler tes affaires pour ne faire que guider les ambulanciers dans le dépôt du corps et retrouver ton petit bolide en partant d’ici.

C’est à ce moment là, perdu dans tes pensées, que ta réceptionniste fait irruption pour te dire que le frère du défunt va passer d’ici quelques minutes pour identifier le corps. « Il ne pouvait pas attendre demain ? » Oses-tu demander, une sorte de question rhétorique, un peu agacé. Tu as beau être passionné par ton métier, tu aimes aussi avoir du temps pour un semblant de vie personnelle, ne comptant déjà pas tes heures lorsque cela est nécessaire. Autant dire qu’il est souvent nécessaire que tu restes plus tard que prévu, ayant déjà passé quelques nuits blanches sur des autopsies précises et surtout urgentes. La jeune femme qui te fait face affiche une moue désolée alors que tu renchéris. « C’est bon ne t’inquiète pas, je reste là » Tu imagines que ton repas attendra encore. Tu ne sais même pas ce que Gradziella, ton employée de maison, ta domestique, t’a prévu pour ce soir. Tu serais réellement perdu sans elle, vu le nombre de fois où tu rentres trop épuisé pour avoir la force de te lancer dans un brin de cuisine. Surtout que, qu’on se le dise, tu ne maîtrises absolument pas cette discipline. Non, tu es même plutôt mauvais. Gosse de riche élevé avec un palmarès de personnages à son service.

Les ambulanciers ne se font pas attendre et tu les guides jusqu’à ton local afin qu’ils déposent le corps dans un des tiroirs où tu le conserveras à froid jusqu’au lendemain. Jusqu’à l’autopsie. Quelques banalités échangées avec ceux que tu connais bien, à force des années au servce de Dublin, avant qu’ils ne se retirent. Mais alors que tu t’apprêtes à gagner ton bureau, ta réceptionniste pénètre de nouveau dans la pièce pour t’annoncer que le frère du défunt est arrivé. « J’arrive » Lâches-tu alors que tu rouvres le tiroir du corps pour le couvrir, par pudeur, d’un draps synthétique blanc prévu à cet effet, jusqu’à ce que la personne s’avance et que tu ne révèle que le visage, déjà abîmé. Inutile de lui infliger plus de supplices. Tu sais bien qu’il s’agit d’une chose particulièrement douloureuse pour les familles. Tu gagnes ensuite le couloir où l’homme attend sur une chaine, le visage impassible et froid. « Monsieur O’Toole ? » Tu l’alpagues doucement, en t’approchant, alors qu’il se lève et serre la main polie que tu lui tends. « Je vous en prie, suivez moi » Tu uses de ces bonnes manières que tu connais par cœur. Toi, toujours très professionnel, très courtois. Très gentleman, aussi, d’après ce que dises la plupart des gens. Tu tâches de conserver un air neutre sur le visage. Tu n’es pas là pour faire du sentimentalisme, même si tu n’es pas non plus apathique et dénué de tout sentiments. Tu tâches simplement de rester professionnel et détaché. Surtout que là, ton interlocuteur a l’air particulièrement serein, même si tu ne sais pas s’il s’agit juste d’une carapace. En tout cas si tel est le cas, c’est particulièrement convainquant et bien maîtrisé.
Pénétrant dans ta morgue, tu le guides jusqu’au tiroir ouvert, alors qu’il se place en face en toi. « Vous êtes prêt ? » Oses-tu demander tout de même, par simplement formalité, même s’il a l’air sur de lui, tu ne préfères pas aller trop vite s’il ne se sent pas encore prêt. S’il a besoin d’inspirer un grand coup. Même si, toutefois, tu sens bien que cet homme là n’a pas l’air d’être le genre à se laisser complètement ensevelir par ses émotions.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Caem O'Toole
LTTP Member


❖ STATUT : Si pour les apparences Caem est marié, il se considère en réalité comme célibataire. Libre comme l'air. Discrètement bien sûr, mais libre comme l'air.
❖ ORIGINES : Irlande. Son pays. Son sang. Il est, comme il aime à le dire, "pur".
❖ RELATIONS : || Sully : uc
|| Connor : frère | RIP
|| Eimer : femme & amie
|| Glenn : fils âgée de 11 ans
|| Geillis : fille âgée de 12 ans
|| Luca : uc
❖ pseudo : J.
❖ CELEBRITE : Colin O'Donoghue
❖ AGE : 34
❖ MESSAGES : 28
❖ CRÉDITS : J. (avatar & gifs) - black pumpkin (code signature)
❖ PIEGE DEPUIS : 03/10/2017
❖ Clovers : 74
Voir le profil de l'utilisateur http://lttp.forumactif.org/t3933-caem-there-s-something-inside-me-that-pulls-beneath-the-surface http://lttp.forumactif.org/t3959-caem-crawling-in-my-skin-mob-tu http://lttp.forumactif.org/t3960-caem-stuck-in-reverse#47584
MessageSujet: Re: The body || Sully   06.10.17 18:06

The body



Entrailles qui se tordent. Mains qui deviennent moites. La crainte qui s’intensifie au fil des secondes. La crainte que tout ceci ne soit pas une erreur et que le corps de Connor soit bien sur une de leurs tables glacées et glaciales. La crainte qui peu à peu vient dévorer l’espoir qu’il soit encore en vie. Je ferme les poings, crispe les doigts au point d’en faire blanchir mes phalanges et je me concentre sur ma respiration pour qu’elle reste régulière et calme. Je me concentre sur les battements de mon cœur pour qu’ils n’accélèrent pas. Je me concentre. J’essaye de focaliser mon esprit là-dessus mais des images me viennent, de terribles images, d’atroces images. Peut-être suis-je en train de les imaginer pour rien. Peut-être que dans quelques minutes, je serai soulagé. Une présence sur ma droite, je tourne le regard pour croiser celui d’un visage qui hante, d’un visage livide, d’un visage de cette personne qui a été une cible exécutée. L’air de pitié qu’elle affiche me fait froncer les sourcils. Pourquoi cette pitié ? Ce n’est peut-être pas mon frère qui se trouve à l’intérieur. Je détourne le regard, fronce les sourcils. Non, ce n’est sans doute pas lui. Une nouvelle profonde inspiration et le masque reprend pleinement sa place. A peine avant qu’on vienne me rejoindre. Un homme s’approche, blouse blanche. Légiste donc sans doute. Je hoche la tête lorsqu’il mentionne mon nom, me relève et serre la main qu’il me tend. En d’autres circonstances je m’attarderais sur son regard, sur ses mains. En d’autres circonstances, il serait le genre d’homme qui attire mon attention. En d’autres circonstances. Pas celles-ci. Je lui suis docilement. Sa courtoisie n’est pas désagréable. Je préfère la simple courtoisie à la pitié, à ce regard que m’a lancé la réceptionniste lorsque je suis arrivé. Bien que le masque soit toujours bien en place, lorsque je pénètre à l’intérieur de la pièce, les battements de mon cœur s’accélèrent, mes entrailles se font encore plus capricieuses. Pourtant, j’ai à maintes reprises mis les pieds ici, pour d’autres situations liées à mes affaires officieuses. Et je n’ai jamais ressenti un pareil malaise, jamais. 

Mais cette fois-ci, c’est différent.

C'est différent parce que dans ce foutu tiroir, sous ce foutu drap blanc, il s'agit peut-être de Connor. Peut-être. Accroche-toi à ça Caem. Peut-être. Le légiste contourne le corps, je me place en face de lui et me fige. Un regard bref sur le corps sous le drap et mon corps à moi se tend : la taille et la corpulence, de ce que j'en distingue sous le drap... Oui, ça pourrait être Connor. Pourrait. Accroche-toi à ça Caem. Pourrait. Il me demande soudain si je suis prêt. Je relève mon regard glacial vers lui. Non. Qui pourrait être prêt ? Comment peut-on jamais l'être ? Hors de question de lui répondre cela cependant. Je ne suis pas venu ici pour reculer. Je suis venu pour en avoir le cœur net, pour savoir.

Il faut que je sache.

« Oui. » je réponds donc en relevant légèrement le menton, sourcils froncés. J'accompagne finalement le « oui » d'un très bref hochement de tête. Oui, qu'il soulève ce drap, me montre le corps qui se trouve dessous et qu'on en finisse. Et il le fait. Mon regard glisse sur ses mains qui s'approchent du drap. Mon cœur s'emballe, j'entrouvre à peine mes lèvres juste pour pouvoir souffler doucement et discrètement. Ses doigts à lui attrapent le drap et le soulèvent pour finalement le poser sur le torse du corps. Non. Pas sur le torse du corps : sur le torse de Connor. Des écorchures sur le visage, le crâne enfoncé, de la matière grise collée au cheveux. Tout ça oui, mais sur lui. Sur Connor. Et ça se brise. En moi. Alors que j'observe mon petit frère, livide, inerte, mort, ça se brise avec violence et pourtant rien. Rien n'est montré, rien ne s'échappe.

« C'est lui. » je me contente de dire d'une voix autant glaciale que l'est le tiroir sur lequel est allongé mon frère. « Laissez-nous un moment s'il vous plaît. » j'ajoute rapidement sur le même ton, avant que l'idée ne prenne au légiste de recouvrir de nouveau le corps.

Je détourne mon regard du visage de mon frère pour le reporter sur le légiste. Je le fixe avec cette même distance. J'attends simplement qu'il accède à ma requête, ce qu'il finit par faire et à peine s'éloigne-t-il un peu que je reporte mon attention sur Connor. Non... Sur son corps. Je dois m'y faire. Ce n'est plus qu'un corps. Je dévisage le visage abîmé de mon frère, je dévisage ses traits figés dans la crispation. La mort a été violente. Aucunement paisible. Je fronce les sourcils, plisse les yeux, me penche vers lui.

« Qu'est-ce que tu as fait ?... »

Je ne comprends pas. Je ne saisis pas. Il est toujours prudent. Toujours. Comment l'accident s'est-il produit ? Il va falloir qu'ils se bougent. Tous... Pour comprendre, pour trouver. Je ravale cette soudaine poussée de haine qui m'envahit et me redresse un peu pour encore l'observer. Mes prunelles se perdent sur ses vêtements et je penche doucement la tête sur le côté avant que mes doigts ne viennent trouver sa chemise pour la reboutonner doucement. Je replace le col de la chemise, puis le col de sa veste en jean, lisse un peu la veste en jean au niveau des épaules et mes doigts s'approchent finalement de ses cheveux pour les replacer un peu. Ceux que je peux replacer. Ceux qui n'ont pas été souillés ni par le sang, ni par la matière grise. Et je me repenche vers lui. Lèvres contre son front. Un baiser. Un seul.

Un « Je t'aime. » murmuré.

Et je me redresse pour me saisir du drap et le replacer moi-même. Il faut une seconde supplémentaire pour réussir à le faire. Juste une seconde car replacer ce drap c'est vraiment le perdre. Émotions planquées, soigneusement confinées au plus profond de moi, je me retourne vers le légiste.

« Est-ce que je dois signer quelque chose ? »

J'ai chaud. J'ai chaud mais je ne le montre pas. Je ne montre rien.
Je veux sortir d'ici.



(c) sweet.lips
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Sullivan Mac Mahon
Good doctor


❖ STATUT : Gendre idéal que tous rêvent de marier.
❖ ORIGINES : Traditionalisme irlandais depuis toujours.
❖ RELATIONS : {CONSTANTINE} Oldest brother.
{RAFFERTY} Best friend.
{CAEM} uc.
{RORDAN} Funny assistant.
❖ pseudo : wiise
❖ CELEBRITE : Seb Stan
❖ AGE : 24
❖ MESSAGES : 75
❖ CRÉDITS : Shellhead
❖ PIEGE DEPUIS : 03/10/2017
❖ Clovers : 118
Voir le profil de l'utilisateur http://lttp.forumactif.org/t3934-sullivan-wild-thoughts
MessageSujet: Re: The body || Sully   06.10.17 22:02

Tes prunelles claires détaillent un instant son visage totalement fermé, alors que vous êtes face à face, avec au milieu, un cadavre là pour vous séparer. Une distance salutaire dans un but bien précis. Dans un but cette fois-ci morbide. Une partie de ton job que tu n’apprécies pas. Tu n’aimes pas être confronté directement aux peines des familles. Aux larmes et aux déceptions. Même si ce soir, tu sais que tu n’auras pas droit à tout ça avec lui. Cet homme dégage une force de caractère impressionnante. Un masque placide. Loin de toute trace d’émotion, même un brin de sympathie à ton égard, alors que tu te montres courtois. Mais tu sais que la situation est délicate. Tu sais qu’il veut juste en finir et une part de toi se veut un brin coupable de ne pas encore avoir nettoyé le corps de l’accident. De ne pas avoir présenté un peu plus le cadavre possible de son frère. Vu que ton assistante t’a fait passer son dossier que tu as lu en diagonale. Brièvement.
Finalement, il lève le menton, le regard vers toi, une fraction de seconde. Il est prêt, alors sans entendre, tu soulèves délicatement le morceau de tissu pour venir le replier jusqu’à dévoiler à peine ses épaules et le début de son torse. Le spectacle n’est pas beau à voir, mais les traits du visage de l’homme sont malgré tout reconnaissables. Tu ne sais pas si celui qui te fait face était prêt à ce spectacle mais il ne semble pas siller. Sa voix est glaciale, presque à te décrocher un frisson, toi bien plus accessible et chaleureux qu’autre chose, alors que tu te pinces les lèvres. Avant que tu puisses renchérir, il te demande un moment d’intimité. « Très bien » Lâches-tu simplement avant de t’éclipser en direction de ton bureau pour remplir quelques cases du dossier du défunt, notamment le fait que son identité présumé est confirmée. Reposant ton stylo, refermant le dossier de carton, tu viens te frotter le visage un instant de tes mains. Non, définitivement pas la partie la plus agréable de ton boulot. Retirant ta blouse, tu la déposes au porte manteau de ton bureau, récupérant ton trench clair pour le poser sur le dossier de ta chaise et regagner la salle d’autopsie, les papiers et formulaires à la main. Tu imagines que ton client, pour ainsi dire, de la soirée, n’a qu’une envie, c’est en terminer le plus rapidement possible avec ça pour pouvoir commencer à faire son deuil. Tu n’imagines qu’à peine ce qu’il peut ressentir. Puisque toi même tu sais que si un jour le destin décide de t’enlever Cumhai, ou Constantine comme il se fait appeler depuis de nombreuses années, tu aurais bien du mal à te relever un jour.

Alors que tu t’apprêtes à passer la porte de ton bureau, laissée constamment ouverte, tu peux l’entendre murmurer un je t’aime, après avoir déposer un baiser sur le front du défunt. Tu t’immobilises, un peu gêné d’avoir capté ce moment d’intimité, alors qu’enfin, l’homme se saisi du drap pour recouvrir complètement le corps de feu son frère. Il se retourne vers toi en entendant le bruit de tes pas, certainement aussi en sentant ton regard, fixé sur le sol, qui se pose sur son visage impassible. Tu admires, l’espace d’un instant, le clair de ses yeux et toute la froideur qui s’en dégage. Ce côté impassible, qui contient avec élégance et panache ses sentiments. Pourtant tu sais qu’intérieurement, sa peine doit être en train de le ravager. De le ronger. Mais il semble trop fier pour craquer devant toi. Pour admettre être affligé par la chose et tu peux comprendre sa pudeur. Alors tu t’approches de lui, lui tendant le dossier et le stylo, le temps qu’il y appose sa signature. « Oui juste une signature et votre nom comme quoi vous soussignez confirmer l’identité de votre… Du défunt » Te rattrapes-tu finalement, avant de te racler légèrement la gorge. Tâcher de faire passer la pilule un peu plus facilement, même si tu sais que celle là, restera certainement coincée dans sa gorge un bon moment. Il s’exécute et pendant ce temps, tu profites des quelques secondes pour venir refermer le tiroir métallique contenant le cadavre de son frère, pour en verrouiller la poigné et clore pour de bon cette soirée difficile.
Récupérant le papier fraichement signé, tu le vérifies d’un bref regard avant de relever tes yeux clairs vers lui. « C’était tout, vous pouvez rentrer chez vous. Je vous remercie d’être passé et je suis désolé monsieur O’Toole » Lâches-tu finalement, compatissant. Tu sais bien qu’il n’y a aucune bonne parole possible en cet instant. Tu n’es pas à sa place, tu ne partages pas son deuil et rien de ce que tu ne puisses dire ne suffira à calmer sa peine si bien contenue. Il te gratifie d’un signe de tête puis quitte la pièce. Retournant vers ton bureau, tu y déposes le dossier, ta réceptionniste ayant déjà dû partir. Tu récupères ton trench, ton téléphone, ton portefeuille et tes clés de voiture, mais aussi celle de tes locaux, avant de te laver les mains puis de fermer derrière toi. Tu ne la sens plus cette odeur aseptisée qui doit te coller à la peau. Cette odeur de mort, alors que déjà, tu pars sans même te retourner. Un bref coup d’œil à tes messages, à l’heure qu’il est. Un soupir de lassitude pour souligner la fin d’une journée épuisante alors que déjà, tu passes la porte extérieure qui donne sur le parking où t’attends ton bolide électrique. Sans lever les yeux de suite. Perdu dans tes messages et les conneries de Raff, qui déjà, te font sourire.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Caem O'Toole
LTTP Member


❖ STATUT : Si pour les apparences Caem est marié, il se considère en réalité comme célibataire. Libre comme l'air. Discrètement bien sûr, mais libre comme l'air.
❖ ORIGINES : Irlande. Son pays. Son sang. Il est, comme il aime à le dire, "pur".
❖ RELATIONS : || Sully : uc
|| Connor : frère | RIP
|| Eimer : femme & amie
|| Glenn : fils âgée de 11 ans
|| Geillis : fille âgée de 12 ans
|| Luca : uc
❖ pseudo : J.
❖ CELEBRITE : Colin O'Donoghue
❖ AGE : 34
❖ MESSAGES : 28
❖ CRÉDITS : J. (avatar & gifs) - black pumpkin (code signature)
❖ PIEGE DEPUIS : 03/10/2017
❖ Clovers : 74
Voir le profil de l'utilisateur http://lttp.forumactif.org/t3933-caem-there-s-something-inside-me-that-pulls-beneath-the-surface http://lttp.forumactif.org/t3959-caem-crawling-in-my-skin-mob-tu http://lttp.forumactif.org/t3960-caem-stuck-in-reverse#47584
MessageSujet: Re: The body || Sully   07.10.17 17:07

The body



L'idée est de partir pour rendre la situation plus supportable bien qu'elle ne le soit en réalité aucunement, que ce soit entre ces murs, à l'extérieur, à la maison. La situation n'est pas supportable, elle est monstrueuse, intolérable. Et pourtant elle est bien réelle. Mais rester là, à l'intérieur de la morgue, près du corps, c'est la rendre encore plus infecte, encore plus abominable. Alors je veux foutre le camp d'ici. Je veux faire ce qu'il y a à faire et m'en aller sans me retourner. Cette formalité administrative-là ne sera jamais que la première d'une longue lignée, j'en ai conscience, car il est hors de question que je laisse ma mère s'occuper de tout toute seule. Quand je fais ne serait-ce que penser au moment où je vais devoir le lui annoncer, une nausée me vient. Je sais que son monde va se briser. Comme mon monde à moi s'est brisé. Non, pour elle ce sera pire parce que pendant une seconde j'imagine si on devait m'annoncer la mort d'un de mes enfants... J'imagine et l'horreur de cette pensée est telle que lorsque le légiste me tend la dossier et le stylo, ma main tremble un peu quand je récupère le tout. Comment peut-on survivre à ça ? A la perte d'un enfant, comment ? La voix du légiste me tire des sombres pensées dans lesquelles mon esprit est en train de sombrer, de se noyer. Lorsqu'il emploie le mot « défunt » mon cœur se serre. Connor est passé du stade être vivant, au stade corps, puis au stade défunt à présent. Les mots m'apparaissent flous lorsque j'essaye de lire le papier. Je parviens cependant à voir où je dois signer et je m'exécute. Jusqu'à ce qu'entende le bruit du tiroir qui se referme. Jusqu'à ce que j'entende cette foutue poignée qui verrouille le tiroir. Une autre nausée me prend. Mon frère est là-dedans. Là-dedans... J'entends les pas du légiste et je me reprends, m'octroie une profonde inspiration avant de terminer de signer les papiers et les lui tends lorsqu'il réapparaît dans mon champ de vision. Après qu'il ait vérifié les papiers, il relève son regard vers moi et si d'ordinaire soutenir le regard de quelqu'un ne me pose aucun problème, là je dois me faire violence pour réussir à le regarder droit dans les yeux. Pas tant parce que son regard est attirant mais bien parce que ce que j'y vois rend encore plus difficile le maintien de mon masque. Parce que quand il me dit qu'il est désolé, je ne vois pas de la pitié, j'y vois une sincère compassion

Et la différence entre ces deux états est de taille.

Je hoche finalement la tête, incapable de prononcer le moindre mot en réalité. Je n'en suis plus capable. J'ai peur qu'au moment où je vais essayer de parler de me mettre à hurler. Je me détourne finalement de lui et quitte la pièce. Lorsque j'arrive dans le couloir, j'accélère le pas. Je veux m'éloigner de cet endroit, de ce tiroir... Je pousse finalement les portes pour me retrouver enfin dehors mais l'air frais ne me soulage en rien. En rien. Je serre les poings, visage toujours fermé, descends les marches mais ralentis finalement l'allure, m'arrête au bout de quelques pas. Je regarde droit devant moi et plus les secondes passent, plus je sens mon visage se détendre, plus je sens le masque tomber. Doucement, je me retourne en direction des portes que je viens de passer et j'observe le bâtiment un instant. Je le revois, lui, allongé. Je me remémore le bruit de ce tiroir que le légiste a fermé, de cette poignée. Et ça me frappe. De plein fouet, avec une violence inouïe, ça me frappe. En plein cœur. Connor est mort. Mort. Mon visage se tord dans une expression de douleur et mon corps me semble tout à coup trop lourd pour pouvoir me porter, trop accablé. Tellement accablé. Alors je me laisse aller à genoux, je courbe le dos, serre mes poings quand ils rencontrent le bitume, pose mon front contre ce dernier, et si ma bouche s'ouvre alors que les larmes inondent un visage resté trop longtemps fermé ce soir, aucun son ne sort sur le moment. Rien. La chose qui demande à sortir semble être bloquée dans le fond de ma gorge. J'en tremble. De tout mon corps, j'en tremble. Puis une main sur mon épaule. Une main qui me fait d'abord sursauter et relever instantanément les yeux vers son propriétaire. Un bref instant. Juste un bref instant je l'observe, alors qu'il s'est accroupi face à moi, alors que ses doigts pressent mon épaule dans un geste autant compatissant que l'était son regard, que l'est toujours son regard. S'il parle je ne l'entends pas. Je n'entends plus rien. Ma main droite s'accroche soudain avec force à son poignet. Ma main gauche vient chercher son épaule et s'y accroche avec force aussi. Peut-être avec trop de force. Mais il est là. Je ne le connais pas, ou qu'à peine mais il est là. Et il est étrangement ce dont j'ai besoin.

Quelqu'un qui ne pleure pas.
Quelqu'un qui ne ressent pas la peine.
Quelqu'un qui peut accueillir la mienne, de peine, parce qu'il n'est justement pas accablé par cette dernière.

Geste vif. Geste brusque. Toujours à genoux, je me redresse juste assez pour aller poser mon front contre son torse. Et c'est à ce contact que ça sort enfin. Je hurle, alors que mes doigts serrent et le poignet du légiste, et son épaule. Je hurle au point d'en avoir la gorge en feu et le hurlement me semble interminable. Comme ma douleur me semble sans fin maintenant qu'elle fait partie de moi.



(c) sweet.lips
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Sullivan Mac Mahon
Good doctor


❖ STATUT : Gendre idéal que tous rêvent de marier.
❖ ORIGINES : Traditionalisme irlandais depuis toujours.
❖ RELATIONS : {CONSTANTINE} Oldest brother.
{RAFFERTY} Best friend.
{CAEM} uc.
{RORDAN} Funny assistant.
❖ pseudo : wiise
❖ CELEBRITE : Seb Stan
❖ AGE : 24
❖ MESSAGES : 75
❖ CRÉDITS : Shellhead
❖ PIEGE DEPUIS : 03/10/2017
❖ Clovers : 118
Voir le profil de l'utilisateur http://lttp.forumactif.org/t3934-sullivan-wild-thoughts
MessageSujet: Re: The body || Sully   08.10.17 11:34

Il s’éclipse. Il s’évade le cœur gros, tu peux le sentir, derrière sn regard froid et dénué d’émotions. Les mains tremblantes, un peu plus tôt, les mots doux, le baiser sur le front glacé de son petit frère. Il ne t’en faut pas plus pour comprendre, sans pour autant dire quoi que ce soit autre qu’une brève parole compatissante. Tu n’auras jamais assez de mot pour l’aider, pour le soutenir. Qui plus est, ce n’est pas ton rôle. Ce n’est pas ta place, même si parfois, tu aimerais faire plus pour les autres. Pour ces familles de victimes qui souffrent de la folie d’un ou de l’accident d’un autre. Mais tu n’as pas choisi la médecine d’hôpital, là pour sauver des vies. Tu as choisi la médecine des morts, pour aider à résoudre les meurtres et autre horreur qui ont arraché l’être cher à ce monde, bien trop tôt. Voilà ta vocation. Même si parfois, comme ce soir, tu te retrouves dans une situation bien moins glorieuse.
Alors oui, l’idée de rentrer chez toi te parais la plus réconfortante, sur le moment. Un repas chaud, un peu de vin, certainement un film et toi là à t’endormir la télévision. Habitude de nombreuses soirées de travail. De soirées de célibataire marié à son job, parce que ca a été bien plus simple que d’ouvrir ton cœur de nouveau, après une énième claque en pleine figure. Toi, pendant des mois, là à ramasser les morceaux de ton palpitant pour les recoller et te donner une once d’espoir, ou en tout cas de dignité retrouvée.

Tu souris au message de Raff, une énième bêtise qui te redonne un peu de baume au coeur, brisant le maussade de la soirée. Tu lui réponds rapidement avant de glisser ton téléphone dans ta poche. Visant ta voiture du regard, tu la déverrouilles à distance, avant de t’immobiliser en remarquant la silhouette affalée sur le sol. En proie à une peine qui te frappe en plein visage, même à quelques mètres de lui. Caem O’Toole. Celui que tu viens de rencontrer, que tu viens de côtoyer l’espace de quelques dizaines de minutes. Celui là même dont tu as admiré la force de caractère dans les prunelles azur et le côté froid plaqué sur le visage. L’absence totalement d’émotions. Tu ne réfléchis pas. Tu n’as pas à réfléchir, alors que déjà, tu fourres tes clés de voiture dans ta poche, à côté du reste de tes affaires pour t’approcher de lui. Tu ne peux pas le laisser seul. Pas comme ça, pas dans cet état. Tu ne peux que comprendre le soutien dont il doit avoir besoin en cet instant. Un homme qui ne craque jamais. Qui refuse de craquer et qui pourtant, se laisse totalement submerger en cet instant. Tu t’approches rapidement, tu t’accroupis à son niveau. Tu poses une main sur son épaule. Douce. Juste là pour être un contact réconfortant. Là pour soutenir, sans te vouloir trop envahissant. « Ça va aller, laissez tout sortir » Murmures tu doucement, parce que tu sais bien que dans ces moments là, il vaut mieux évacuer toute la douleur d’une façon brutale et dévastatrice. Qu’il vaut mieux tout vomir au monde plutôt que de garder, au creux de sa poitrine, une peine trop dure à porter seul. Un deuil trop imposant, qui finira par vous avaler complètement. La main du brun s’accroche à ton poignet, tandis que l’autre vient presser ton épaule. Avec force. Beaucoup de forte, certainement trop, quitte à marquer ta peau qui n’est pas habituée à être malmener. Mais qu’importe. Cette éventuelle douleur, tu ne la sens pas. Le regard triste posé sur celui qui te fait face. Tu restes là, sans rien dire de plus. Tu restes là au milieu d’une nuit humide, dans un parking faiblement éclairé. Qu’importe. Tu ne partiras pas tant que l’homme en face de toi ne se sentira pas mieux. N’aura pas relever la tête pour retrouver un peu de son panache. Tu seras là parce que tu sens qu’il a besoin de toi. D’un inconnu qui ne pose pas sur lui un regard de pitié.

Lorsqu’il s’approche encore, son front heurtant ton torse, qu’il se met à hurler, tu le fais lâcher une partie de sa prise sur toi pour l’entourer de tes bras. Le serrer, fort. Une de tes mains remontent jusqu’à l'arrière de son crâne, caresses ses cheveux dans un geste apaisant. « Chuuuttt, ça va aller, ça va aller, je suis désolé » Murmures-tu comme un refrain enivrant, d’une voix douce et calme. Toute sa peine te heurte en plein visage, serre ton coeur, parce que sans avoir connu ce genre de deuil là, tu as connu ce type de peine. Ce type de douleur. Submergeante. Sans aucune échappatoire. Tu sais que tu n’aurais peut-être pas réagi de la même façon pour n’importe qui, mais qu’importe. Tu n’es pas là pour penser, tu es juste là pour agir. Tes genoux ont touchés terre, pour plus de stabilité, alors qu’enfin, l’homme se calme, là, dans tes bras. Ta chemise humide de ses larmes. Les cris s’arrêtent mais les spasmes demeurent. Faiblissent, doucement, petit à petit. « Ça va aller, je suis là… » Répètes tu encore, pour tenter de terminer de l’apaiser. Cet homme là que tu ne connais pourtant pas du tout. Mais qui t’a troublé par un regard trop clair et une force de caractère déroutante. « Je peux vous déposer chez vous, si vous souhaitez. Je m’en voudrais de vous laisser rentrer seul dans cet état » Parviens-tu à déclarer alors qu’il reste là, encore un peu, avant de relever la tête vers toi. Tu relâches ton étreinte, soudain presque gênante, alors qu’il semble retrouver une parcelle de lui même. « À moins que je puisse faire autre chose pour vous ? Je vous en prie, dites-moi » Te voilà sincère. Là pour l’aider. Là pour le soutenir, même si quelque part, c’est toi qui a mauvais rôle de l’histoire. Qui fera l’autopsie de son frère. Peut être que c’est aussi pour cela, finalement, que tu tiens tant à l’aider. Comme pour te faire pardonner, d’avoir été, en partie, la cause de sa peine ce soir.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Caem O'Toole
LTTP Member


❖ STATUT : Si pour les apparences Caem est marié, il se considère en réalité comme célibataire. Libre comme l'air. Discrètement bien sûr, mais libre comme l'air.
❖ ORIGINES : Irlande. Son pays. Son sang. Il est, comme il aime à le dire, "pur".
❖ RELATIONS : || Sully : uc
|| Connor : frère | RIP
|| Eimer : femme & amie
|| Glenn : fils âgée de 11 ans
|| Geillis : fille âgée de 12 ans
|| Luca : uc
❖ pseudo : J.
❖ CELEBRITE : Colin O'Donoghue
❖ AGE : 34
❖ MESSAGES : 28
❖ CRÉDITS : J. (avatar & gifs) - black pumpkin (code signature)
❖ PIEGE DEPUIS : 03/10/2017
❖ Clovers : 74
Voir le profil de l'utilisateur http://lttp.forumactif.org/t3933-caem-there-s-something-inside-me-that-pulls-beneath-the-surface http://lttp.forumactif.org/t3959-caem-crawling-in-my-skin-mob-tu http://lttp.forumactif.org/t3960-caem-stuck-in-reverse#47584
MessageSujet: Re: The body || Sully   08.10.17 15:27

The body



Les parois de ma gorge brûlent. J'ai l'impression qu'on m'y glisse du fer chauffé à blanc. La voix s'éraille au fil des secondes, les cordes vocales vibrent avec trop de force pour supporter la pression. La voix se casse. La voix se meurt presque. Mais ce n'est pas la faiblesse des cordes vocales qui me font cesser de hurler. Ce n'est pas la douleur lancinante dans le fond de ma gorge qui me fait cesser de hurler. Ce sont ses bras, à lui, qui me serrent. Ce sont ses mots, murmurés tout bas. Ce sont ses mains, délicates, qui caressent mes cheveux dans des gestes apaisants. C'est son corps, qui se presse un peu plus contre le mien. La présence essentielle en cet instant. Sa présence. Un inconnu oui mais bien sa présence. Le silence s'impose, s'appose, et les sanglots deviennent muets. La respiration se fait toujours difficile, les larmes sont toujours brûlantes, violentes, et les doigts toujours crispés, accrochés au légiste. Et encore des mots, ses mots, qui calment la tempête. Alors, la douleur qui ne se fait pas moins violente devient malgré tout plus sourde, et doucement, je parviens à retrouver ma respiration. Doucement, je parviens à me calmer. J'absorbe le mal, je m'en imprègne, et ce mal trouve une place dans mon cœur qu'il déchire encore, et encore. L'une de mes mains lâche le légiste pour venir trouver mon visage et l'essuyer grossièrement. Elle y reste. Contre mes yeux, alors que je secoue presque imperceptiblement la tête quand il me propose de me ramener chez moi. Je pourrais. Je devrais. Mais je ne le veux pas. Pas pour le moment. Ma main quitte mon visage, mon autre main relâche son épaule quand lui-même se détache un peu. Et là, en une seconde, j'appose un semblant de masque sur mon visage. Le masque habituel, je ne suis pas capable de le porter. Plus capable, pas en cet instant, pas face à lui. Mais malgré tout, je parviens à me réapproprier une certaine distance, une certaine pudeur aussi, pudeur que j'ai laissée au placard en me laissant aller ainsi dans ses bras alors que nous ne nous connaissons pas. Je relève ensuite mon visage vers lui et l'observe. Je crois voir ma propre douleur se refléter dans son propre regard et ça ne m'en fait que plus mal. Et alors que je suis toujours à genoux, alors que nous sommes là, jamais qu'à moitié de retour à la réalité de l'instant, il me demande s'il peut faire quelque chose pour moi. Aussitôt ça s'anime dans mon esprit et dans mon cœur.

Aussitôt.

« Oui, vous pouvez faire quelque chose. » je lui murmure la voix cassée d'avoir trop hurlé. Ma main va chercher la sienne que je serre alors que je plante un regard déterminé dans le sien. « Faites votre travail. Travaillez avec la police et trouvez pourquoi il est mort. Parce que... » Mes doigts serrent les siens, des larmes me reviennent, et je me bats pour que le masque ne se fissure pas. C'est cependant un combat que j'ai du mal à remporter et je sens que mon visage se tord sous la pression des émotions que je tente, encore une fois, de contenir. Je secoue la tête. « Il a toujours été prudent... » je souffle tout bas, mon torse recommençant à se soulever de manière anarchique au fur et à mesure que ma respiration s'accélère. « Toujours. Il était pompier. » j'ajoute, le masque se fissurant de plus en plus au fil des secondes. « Il connaissait les dangers de la route et jamais il n'a... J'ai besoin de savoir. J'ai besoin de comprendre. Si c'est lui qui a... Ou si quelqu'un lui a fait ça... » Progressivement, mon corps se met à trembler sous la pression que j'accumule. « Je dois savoir... Cette colère... »

Je ne termine pas ma phrase et le lâche en détournant subitement le regard. Et j'abandonne. J'abandonne totalement et définitivement le combat. Je me laisse aller, fesses contre le bitume, tandis que les traits de mon visage se font progressivement envahir par la colère. La fameuse colère dont je viens de lui parler. La colère d'avoir perdu mon frère de cette façon. La colère qui s'associe à la douleur et qui fait ainsi davantage trembler mes mains. J'ai besoin d'en serrer les poings pour essayer de contenir les tremblements. Tout doucement, elle me possède tout entier : qui blâmer ? Qui haïr ? Mon frère, d'avoir été stupide au point d'avoir bu ou pris quelque chose avant de prendre le volant ? Mon frère, d'avoir voulu braver les interdits et les dangers juste une fois et qui a été la fois de trop ? Quelqu'un qui aurait provoqué l'accident et se serait enfui ? Ou qui en serait mort aussi ? Ou blessé ? Après tout je n'ai rien demandé. Je ne sais rien. C'est la police qui saura, pas lui. Lui... Lui... Je reporte mon regard sur lui. Et dans mon regard, à moi, flotte soudain l'ombre d'une supplique qui ne tarde pas à prendre forme dans ma bouche.

« Vous pourrez faire ça ? Me donner vite des réponses ? S'il vous plaît. »

Est-ce qu'il va comprendre ? Sans que je rentre dans les détails. Est-ce qu'il va comprendre à quel point c'est important ? A quel point ça m'est essentiel de savoir ?


(c) sweet.lips
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Sullivan Mac Mahon
Good doctor


❖ STATUT : Gendre idéal que tous rêvent de marier.
❖ ORIGINES : Traditionalisme irlandais depuis toujours.
❖ RELATIONS : {CONSTANTINE} Oldest brother.
{RAFFERTY} Best friend.
{CAEM} uc.
{RORDAN} Funny assistant.
❖ pseudo : wiise
❖ CELEBRITE : Seb Stan
❖ AGE : 24
❖ MESSAGES : 75
❖ CRÉDITS : Shellhead
❖ PIEGE DEPUIS : 03/10/2017
❖ Clovers : 118
Voir le profil de l'utilisateur http://lttp.forumactif.org/t3934-sullivan-wild-thoughts
MessageSujet: Re: The body || Sully   09.10.17 12:36

Il hoche la tête à la négative lorsque tu proposes d’abord de le raccompagner chez lui. De le déposer. Tu ne fais pas ça simplement pour avoir la conscience tranquille ou encore pour te déresponsabiliser de quoi que ce soit, mais bel et bien parce que sa peine, te fend le cœur. Tu sais que tu n’es en rien responsable, que tu n’as fait que ton travail en lui demandant d’identifier le corps, pourtant, en encaissant le torrent de peine qui se déverse hors de sa carcasse, tu ne peux pas t’empêcher de vouloir l’aider. De n’importe quelle façon possible. Alors tu ne bouges pas, tandis que tu le questionnes, le regard désolé. Tu restes là, à terre, à genoux, tandis qu’il se redresse un peu pour s’asseoir, tâchant de retrouver un peu de son panache. Un peu de contenance. Pourtant au fil de ses paroles, tu sens que la peine n’est pas loin. Qu’elle se veut terrer sous un masque habituellement fort bien maitrisé mais qui ici, se fissure. Ce soir, il n’est pas juste question d’ego masculin, il est simplement question d’être humain. D’avoir le droit de souffrir et d’être complètement abattu et ça, tu en connais quelque chose. Habitué aux déceptions, aux peines. À te convaincre, toi, même, que ce bonheur que tu cherches tant ne semble pas daigner rentrer dans ta vie. Empathique et surtout, compatissant. C’est ça qui transparaît ce soir, qui se lit sur chaque trait de ton visage alors que tu l’écoutes. Il semble déterminé, tandis que déjà, sa main vient chercher la tienne. Tu ne cherches pas à te soustraire au contact, non, bien au contraire. Tu viens serrer aussi la sienne, tu te retiens simplement d’entrelacer vos doigts dans un geste qui serait certainement trop intime pour l’instant. Après tout, vous ne vous connaissez pas. Tu ne lui a même pas donné ton prénom ou ton nom, bien qu’il a peut être lu ce dernier sur le papier que tu lui as fait remplir, pour peu qu’il ait eu la force d’y être attentif, ce qui n’est pas certain.

Tu entrouvres les lèvres pour répondre lorsque déjà il renchérit. Il t’explique, tout son raisonnement. Le pourquoi de sa détresse. L’incompréhension face à ce qui, pour lui, n’est pas un accident. Tu as déjà eu affaire à ce genre de situation. Les accidents qui n’en sont pas. Les suicides qui finalement ne se révèlent être que de vastes machinations. Monnaie courante à Dublin bien que pourtant, beaucoup d’enquêtes restent en suspend. Beaucoup d’affaires restent incomplètement, simplement parce que rien ne permet de remonter jusqu’au tueur. De nombreuses frustrations pour toi qui t’appliques à mener un travail parfait. Un travail irréprochable pour aider au mieux les forces de l’ordre.
Il lâche déjà ta main alors que tu ne bouges pas. Son regard se porte sur le bitume, fuit le tien alors que tu cherches tes mains un instant, pince les lèvres. Finalement, ses yeux clairs viennent une nouvelle fois transpercer les tiens. L’impression que son regard azur peut complètement lire en toi. C’est idiot. Certainement. Mais pourtant, diablement hypnotique. Totalement déplacé, aussi, si bien qu’il te faut quelques secondes pour reprendre tes esprits. Lui, s’adressant de nouveau à toi pour te faire sortir de ton admiration pour enfin t’exprimer. « Oui, je vous le promets. Je ferais tout mon possible pour vous apporter des réponses rapidement » Lâches-tu enfin, d’un air déterminé. Oui de toute manière, tu comptes bien t’occuper du corps du jeune homme demain, probablement dans la matinée, si aucune urgence ne pointe le bout de son nez, pourtant là, tu fais de ce cas une priorité. « Vous n’aurez qu’à passer demain en fin de journée, lorsque vous serez disponible. Enfin ou… » Tu fronces les sourcils un instant, conscient que pour lui, revenir ici ne sera certainement pas simple. « Ou il vaut mieux que je vous téléphone, peut être ? Je crois que ma réceptionniste a vos coordonnées » Te rattrapes tu enfin, histoire de ne pas le déstabiliser davantage. Tu te retiens également de mentionner que peut être, les réponses que tu seras en mesure de lui apporter ne lui conviendront pas. Que peut être, il sera déçu d’apprendre qu’il ne s’agit là que d’un accident. Que rien ne porte à croire que la mort de son frère soit intentionnelle. Tu sais qu’il n’a pas besoin de ça. Qu’il n’a pas besoin d’avoir à assimiler ce genre de supposition alors que la peine, plus ou moins bien contenue, irradie encore son visage. Toutefois, dans un dernier élan de compassion, tu viens doucement poser ta main sur son avant-bras. « Vous êtes sur que vous ne voulez pas que je vous raccompagne ? Ça va aller ? » Tu te montres peut-être un peu insistant, mais tu te rends compte que tu en viens à réellement craindre pour sa vie, pour sa santé. Tu peux ressentir sa peine comme un courant dans l’air, baignant dedans sans même le savoir, alors oui, tu insistes, peut être un peu trop, quitte à te faire envoyer sur les roses, mais qu’importe. S’il se sent suffisamment bien pour ne plus avoir besoin de toi, tu rentreras simplement chez toi, sans demander ton reste. Le laissant sagement faire son deuil, probablement avec sa famille s’il lui en reste. Étant donné que tu ne vois aucune alliance ou signe visible qu’il possède encore des proches avec qui partager le fardeau d’un deuil brutal.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Caem O'Toole
LTTP Member


❖ STATUT : Si pour les apparences Caem est marié, il se considère en réalité comme célibataire. Libre comme l'air. Discrètement bien sûr, mais libre comme l'air.
❖ ORIGINES : Irlande. Son pays. Son sang. Il est, comme il aime à le dire, "pur".
❖ RELATIONS : || Sully : uc
|| Connor : frère | RIP
|| Eimer : femme & amie
|| Glenn : fils âgée de 11 ans
|| Geillis : fille âgée de 12 ans
|| Luca : uc
❖ pseudo : J.
❖ CELEBRITE : Colin O'Donoghue
❖ AGE : 34
❖ MESSAGES : 28
❖ CRÉDITS : J. (avatar & gifs) - black pumpkin (code signature)
❖ PIEGE DEPUIS : 03/10/2017
❖ Clovers : 74
Voir le profil de l'utilisateur http://lttp.forumactif.org/t3933-caem-there-s-something-inside-me-that-pulls-beneath-the-surface http://lttp.forumactif.org/t3959-caem-crawling-in-my-skin-mob-tu http://lttp.forumactif.org/t3960-caem-stuck-in-reverse#47584
MessageSujet: Re: The body || Sully   10.10.17 8:38

The body



J'ai besoin qu'il fasse ça pour moi. J'ai besoin qu'il soit plus que jamais impliqué dans son travail. Je ne le connais pas, je ne sais pas quelle est sa façon de travailler au quotidien mais là, j'ai besoin qu'il fasse au mieux, véritablement au mieux. J'ai aussi besoin de son honnêteté car il aura fait ce qu'il doit faire. Pas de faux-semblants. Pas de mots à côté. Non. J'ai besoin de la vérité et tant pis si elle doit me briser un peu plus mais j'ai conscience que je ne pourrai pas ne serait-ce que penser à avancer sur un mensonge. Ni moi, ni ma mère... Personne ne pourra avancer et faire face si on nous ment. Alors oui, j'attends ça de lui. Son sérieux. Son honnêteté. Et il me le promet. Et ses mots, cette promesse faite apaise un peu mon cœur déchiré. Juste un peu mais ce peu fait tellement du bien au milieu de l'horreur. Parce que je le crois quand il me dit qu'il fera tout ce qui est en son pouvoir pour m'apporter vite les réponses dont j'ai tant besoin. Je le crois. Et le bref apaisement disparaît bien vite quand il reparle de la morgue, quand il me propose de repasser demain en fin de journée. Je sens mon corps se tendre de nouveau parce que j'ai tout simplement beaucoup de mal à m'imaginer y retourner. Surtout qu'il aura... Il aura fait l'autopsie, il aura ouvert le corps de mon frère, aura pesé chacun de ses organes, aurait tout observé et contrôlé avec minutie, il aura tout remis en « vrac » à l'intérieur de sa cage thoracique avant de le refermer... Je le sais. Je le sais et ça m'en donne la nausée. Peut-être réalise-t-il l'effort que cela va me demander. Peut-être a-t-il parfaitement conscience de ce qu'il me demande. Peut-être sait-il déjà lire en moi, détecter les tensions, détester les répulsions parce qu'il me propose finalement de m'appeler ce que j'accueille avec un soupir de soulagement et un hochement de tête reconnaissant. La réceptionniste a mes coordonnées oui, mais je peux bien les lui donner à lui aussi.

Je peux bien.

J'aurai des réponses demain, certainement pas toutes, mais j'en aurai. Grâce à lui et malgré la douleur, malgré l'horreur qui me tord toujours les entrailles en pensant à demain justement, malgré ces larmes qui menacent une nouvelle fois de me trahir face à lui, je parviens à trouver une once de paix. C'est faible mais c'est là. Et cela s'amplifie soudain lorsqu'il vient poser sa main sur mon avant-bras. Il ne touche pas ma peau, ses doigts ne font jamais que rencontrer que le cuir de ma veste et pourtant un frisson. Un frisson incontrôlé. Un frisson accueilli à bras ouverts. Un frisson dont j'ai égoïstement terriblement besoin en cet instant. Et quand je reporte mon regard sur lui, il m'apparaît tout à coup bien différemment. Il n'est plus simplement le légiste qui vient de me faire identifier le corps de mon frère et qui m'a consolé dans ce parking sombre et humide. Il n'est plus qu'un simple inconnu auquel j'ai montré ma détresse dans son entièreté. Il est un homme au regard perçant, rempli d'émotions dont je voudrais m'imprégner. Il est un homme au geste tendre duquel je voudrais me rapprocher parce que s'il est une chose qui peut annihiler une telle douleur, c'est la tendresse d'un homme, c'est le désir éveillé, c'est l'instant charnel partagé. Se donner pour oublier. C'est si égoïste mais n'ai-je pas le droit de me montrer égoïste ce soir plus que jamais ? Il me demande si je suis sûr que je ne souhaite pas qu'il me raccompagne. Il me demande si ça va aller. La réponse vient tout seule. Elle est rapide. Elle est évidente. Je sens que mon visage se détend. Je sens qu'il laisse entrevoir de nouveau les émotions car dans la sphère intime, je laisse tout voir, tout. Et lui, je veux le laisser entrer dans ma sphère intime. Je le veux. J'en ai tellement besoin.

« Non, ça ne va pas aller. » je lui dis le plus sincèrement du monde dans un souffle, ma gorge me faisant encore beaucoup souffrir. Mes lèvres se peignent d'un sourire triste, les yeux disent tout. Absolument tout. Livre ouvert que je suis à présent. « Je ne veux pas rentrer chez moi. » je lui avoue finalement, en fermant les yeux, pris d'un frisson qui cette fois-ci est désagréable lorsque je pense à ce qui va m'attendre une fois rentré, lorsque je pense au moment où je vais devoir annoncer la mort de Connor aux enfants, à ma mère... Je rouvre soudain les yeux et ma main se referme de nouveau sur le poignet du légiste. Le légiste dont je ne connais toujours pas le nom d'ailleurs et je pourrais le lui demander mais ce n'est pas cela que je demande. Non, lorsque ma bouche se rouvre, ce n'est pas pour prononcer ces mots-là. « Vous pouvez m'emmener quelque part ? N'importe où... Je ne veux pas rentrer chez moi. » je répète une seconde fois en secouant la tête, mes doigts serrant un peu plus son poignet. « Dites-moi votre nom et emmenez-moi quelque part. »

Finalement le voilà le nom demandé. Accompagné d'un ordre ? Non. Une supplique, tant dans le ton que dans l'ombre qui plane dans mes prunelles ancrées dans les siennes. Qu'il me dise comment il s'appelle, afin que je puisse mettre un nom sur ce visage que je convoite, et qu'il m'emmène loin de cette morgue sans pour autant me ramener chez moi.


(c) sweet.lips
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Sullivan Mac Mahon
Good doctor


❖ STATUT : Gendre idéal que tous rêvent de marier.
❖ ORIGINES : Traditionalisme irlandais depuis toujours.
❖ RELATIONS : {CONSTANTINE} Oldest brother.
{RAFFERTY} Best friend.
{CAEM} uc.
{RORDAN} Funny assistant.
❖ pseudo : wiise
❖ CELEBRITE : Seb Stan
❖ AGE : 24
❖ MESSAGES : 75
❖ CRÉDITS : Shellhead
❖ PIEGE DEPUIS : 03/10/2017
❖ Clovers : 118
Voir le profil de l'utilisateur http://lttp.forumactif.org/t3934-sullivan-wild-thoughts
MessageSujet: Re: The body || Sully   12.10.17 16:58

Tu accueilles sa réponse d’une moue un peu triste. Mais à quoi pouvais-tu t’attendre ? Bien sur que rien n’allait aller, pour ce soir. Bien sur qu’il ne peut pas te dire qu’il ira bien, simplement parce qu’il vient de hurler et pleurer dans tes bras. Pourtant, c’était la formule qui te paraissait la plus appropriée, puisque tu ne le connais pas. Tu ne veux pas te montrer trop familier, trop déplacé et pourtant, cette envie de bien faire. Cette envie d’avaler une partie de sa peine pour le soulager. C’est idiot, mais tu aimerais tant en être capable, en cet instant. Tu te perds dans son regard, dans son sourire triste. Tu observes les traits de son visage pour constater qu’il n’essaye plus de te cacher quoi que ce soit. De se terrer derrière un masque d’indifférence. Non là, il n’est plus qu’un amas de sensation, de ressenti, fatigué. Certainement las de lutter contre ses propres sentiments. Quelque part, tu t’en félicites. Bien que tu admirais sa force, quelques instants plus tôt, tu en viens à admirer son humanité. Le fait qu’il s’ouvre à toi, parfait inconnu qui a, dans l’histoire, le mauvais rôle. Celui qui découpera le corps de son frère pour en triturer chaque partie dans le but d’obtenir des réponses. Même s’il s’agit là de ton métier, de ta vocation, tu en es presque gêné, face à lui. Face à tout ce qu’il vient de te livrer, alors qu’il ne connaît même pas ton prénom. Celui que tu es. Ne serai-se que ton nom de famille qui souvent, change l’attitude des gens à ton égard. Ça et la couleur sombre de ta carte de crédit. C’est idiot, à croire que ton nom peut changer celui que tu es. Tu n’as jamais compris le pourquoi du comportement de beaucoup, face à la réalité de celui que tu es. L’héritier d’une famille noble, de l’élite du pays. Celui que parfois, tu n’aimerais pas être. Que tu aimerais oublier, juste pour être toi même. Vivre loin du poids des espoirs de tes parents et de tes proches. De ce besoin, viscéral, de plaire à tous, alors qu’au fond, tu t’en oublies parfois toi même.

Sa main se referme sur ton poignet alors qu’il brise de nouveau le silence après avoir déclarer qu’il ne veut pas rentrer chez lui. Tu affiches une mine légèrement surprise à écouter sa demande. L’emmener quelque part. Toi ? Vraiment ? Tu ne sais pas réellement où te mettre, comment réagir, cherchant un moment tes mots. Pourtant, tu comprends qu’il ne veuille pas rentrer chez lui. Affronter la réalité. Peut être sa famille, ses proches, bien que tu ne sois pas à même de deviner de quel genre de proches il s’agit. Tu reportes ton attention sur lui, sur ses yeux clairs semblant te supplier. Tu sais qu’il veut encore se vider l’esprit. Rester dans cette bulle presque d’insouciance avant de retourner chez lui, affronter la réalité. Le lendemain, lorsque tu lui apporteras des réponses. Avant d’affronter toutes ces possibilités. Une réalité trop dure, qu’il préfère repousser, même juste le temps d’une soirée d’oublie. Et rien que pour ça, tu ne peux pas l’en blâmer. Combien de fois as tu voulu sortir, boire, t’enivrer à en perdre la raison, juste pour oublier la base de tes problèmes ? De ton cœur brisé ou de tes déboires ? Tu n’es en rien homme là pour juger, pour lui servir une leçon de morale. Encore moins pour refuser. Tu en as envie, de ce moment là, même si tu ne connais rien de celui qui te fait face, mais qui pourtant, te donne l’impression d’être prêt à se révéler complètement, à te faire confiance, à toi. Si bien que cette seule sensation te pousser à accepter. Il te demande ton nom et tu souris en coin. « Vous êtes sur de vous ? Je ne suis peut être pas la meilleure compagnie possible… Mais bon si vous insistez. Moi c’est Sullivan » Lâches-tu simplement, sans lui préciser ton nom de famille. Inutile à tes yeux. Tu ne veux pas imaginer la possibilité qu’il se braque, rien que face à ce que représente ton patrimoine, pour peu qu’il le connaisse. Mais il est difficile de l’ignorer. « Je vous propose un bar restaurant pas très loin d’ici, je n’ai pas mangé et il y a souvent une petite ambiance musicale sympa, ça vous plaira, j’en suis sur » Renchéris-tu le plus naturellement du monde, avec un léger sourire sur le visage. Plus détendu.

Tu poses une main sur la sienne posée sur ton poignet, un bref instant, avant d’entamer doucement de te relever, puis l’aidant à son tour. Pas qu’il en soit incapable, mais tu sais qu’après avoir relâché autant de sentiments d’un coup, il est possible de perdre une dose significative d’énergie. « Par là » Tu désignes ton coupé noir un peu plus loin, avant de t’y diriger, pour finalement entrer dans le véhicule et t’y installer rapidement. Tu déposes tes affaires un peu en vrac au niveau du levier de vitesse automatique. Démarrant le moteur, agréablement silencieux, tu entames la route qui vous sépare de l’établissement choisi. Tu ne sais pas trop quoi dire, baignant l’atmosphère dans un certain silence. Par où commencer avec un homme qui vous a laissé entrevoir une partie si intime de sa personne ? Celle où il craque complètement. Tu finis par allumer la radio, diffusant une légère musique rock dans l’habitacle parfaitement coupé de l’extérieur. « Il me semble bien l’avoir entendu par ma réceptionniste mais vous c’est Caem ? C’est ça ? Et vous êtes de Dublin ? »Te hasardes tu à demander, un peu gêné. Un peu maladroit, certainement. Mais déjà que tu n’es pas le plus doué en matière de flirt, te voilà carrément déstabilisé par cette situation absolument tout sauf conventionnelle.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Caem O'Toole
LTTP Member


❖ STATUT : Si pour les apparences Caem est marié, il se considère en réalité comme célibataire. Libre comme l'air. Discrètement bien sûr, mais libre comme l'air.
❖ ORIGINES : Irlande. Son pays. Son sang. Il est, comme il aime à le dire, "pur".
❖ RELATIONS : || Sully : uc
|| Connor : frère | RIP
|| Eimer : femme & amie
|| Glenn : fils âgée de 11 ans
|| Geillis : fille âgée de 12 ans
|| Luca : uc
❖ pseudo : J.
❖ CELEBRITE : Colin O'Donoghue
❖ AGE : 34
❖ MESSAGES : 28
❖ CRÉDITS : J. (avatar & gifs) - black pumpkin (code signature)
❖ PIEGE DEPUIS : 03/10/2017
❖ Clovers : 74
Voir le profil de l'utilisateur http://lttp.forumactif.org/t3933-caem-there-s-something-inside-me-that-pulls-beneath-the-surface http://lttp.forumactif.org/t3959-caem-crawling-in-my-skin-mob-tu http://lttp.forumactif.org/t3960-caem-stuck-in-reverse#47584
MessageSujet: Re: The body || Sully   12.10.17 18:41

The body



C'est idiot. Sans doute aussi cavalier. Et fou. De lui demander une chose pareille. De quémander son nom, de le supplier de m'emmener quelque part alors qu'il ne me connaît pas, alors que je ne suis jamais que le frère de ce corps à présent enfermé dans l'un des nombreux tiroirs de la morgue. Est-ce que j'ai le moindre droit de demander une chose pareille juste parce que j'ai pleuré dans ses bras et qu'il m'a consolé comme il a pu ? Qu'il m'a soutenu comme il a pu ? Non, je n'ai pas le moindre droit et la bienséance voudrait que je le laisse tranquille, que je m'en aille, que je rentre chez moi pour annoncer l'horrible nouvelle à mes enfants et à ma mère. Mais est-ce si mal de vouloir retarder cette immonde échéance ? Est-ce si mal de vouloir un peu plus profiter de ce qu'il a été capable de m'apporter en quelques secondes sur le sol de ce parking humide ? Est-ce si mal de vouloir s'oublier, m'oublier, oublier tout court ? Sans aucun doute oui mais ça ne m'empêche pas de le faire. Libre à lui de m'éconduire, libre à lui de refuser et s'il le fait, je ferai face à la réalité, à mes responsabilités. Je le ferai. Même si ce sourire en coin qui naît soudain sur ses lèvres va rendre ma reddition difficile. Voilà qu'il me demande alors si je suis sûr de moi, voilà qu'il craint de ne pas être la meilleure compagnie possible. N'a-t-il donc pas compris qu'il est tout ce dont j'ai besoin ? N'a-t-il pas réalisé ce qu'il a réussi à faire, pour moi ? Je hoche la tête. Oui. Je suis sûr. Sullivan. Sullivan... C'est lui qui vient de signer sa reddition en fait et il me propose d'aller dans un bar restaurant non loin, avec une ambiance musicale qui d'après lui me plaira. M'aurait-il si bien cerné en si peu de temps ? C'est fort probable. Il est très observateur, à n'en pas douter. Nous le sommes sans doute autant. Je l'observe, lui. Je vois son visage se détendre, je vois son sourire se faire plus doux. Et il a encore cet effet sur moi, cet effet si... Apaisant. Je n'oublie pas. Pas encore. Il faudra de l'alcool pour ça. Et son corps s'il le veut bien mais même sans oublier c'est... Non pas supportable mais légèrement plus tolérable.

Légèrement.
Encore plus lorsqu'il pose sa main sur la mienne.
Nouveau frisson.

Il se redresse en premier, m'aide à le faire à mon tour et j'apprécie. Mon corps est fatigué. L'alcool va sans aucun doute le réveiller au moins pour un temps, comme lui risque de réussir à l'éveiller mais il est fatigué, comme je suis fatigué, moi, mentalement, émotionnellement. Je le suis sans rien dire jusqu'à sa voiture, laissant la mienne sur le parking. Peu importe. La voiture est belle. Magnifique même. Un coupé noir. L'espace d'une seconde je me demande si son salaire de légiste peut lui permettre de se payer un tel bolide. L'espace d'une seconde je me demande si nous n'avons pas plus en commun que je ne le crois. Et je balaye la pensée. Peu importe dans le fond, peu importe s'il gagne de l'argent en travaillant avec la famille. Cela ne change rien. Cela ne changera rien. Je m'installe côté passager, souffle un peu en entendant le bruit sourd du moteur lorsque Sullivan se met en route. Il faudra qu'on parle de cette voiture... L'ambiance à l'intérieur de l'habitacle n'est pas pesante, ni gênante, elle est juste un peu étrange. Silence, que je ne brise pas et lui non plus au départ. Je me laisse porter, c'est tout. J'essaye d'éviter de penser. J'essaye mais c'est loin d'être simple, au contraire. Plus les secondes passent et plus des images me reviennent, plus je le revois, allongé. Plus je frissonne à cette pensée et finalement, lorsque Sullivan se décide à briser le silence, je lui en suis intérieurement reconnaissant. Il semble décidé à faire la conversation ce qui ne me déplaît pas, au contraire. Il est vrai que d'ordinaire je ne discute que très peu, surtout pas de moi, mais là, je saute sur l'occasion. Juste pour oublier les images qui me hantent alors que d'autres images me hantent déjà plus que de raison.

« Oui, c'est bien ça. Caem. » je lui confirme en hochant la tête alors que je tourne mon visage pour l'observer. « Et je suis de Dublin oui. Né ici. Grandi ici. Je mourrai sans doute ici aussi. »

La phrase me laisse un goût amer dans la bouche. Parce que lui est mort. Avant moi. Et il n'aurait pas dû mourir, pas alors qu'il était honnête, pas alors qu'il ne traînait dans aucune affaire louche. Comment moi, avec le métier que je fais, puis-je être encore en vie et lui non ? Je soupire. Je crains de ne pas être capable de faire autrement... Je crains de ne pas être capable d'oublier.

« Un jour je me retrouverai entre tes mains là-bas. » je dis dans un souffle, la voix plus froide bien malgré moi. J'ai conscience que mon regard a dû s'assombrir lui aussi mais tant pis. De toutes les façons, il m'a déjà vu dans mon entièreté ce soir. A quoi bon lui cacher la moindre parcelle de ma personnalité ? A quoi bon ? Puisque je peux être moi-même... « Comme lui. » j'ajoute la gorge plus serrée.

Mon regard s'abaisse, se perd sur les mains de Sullivan posées sur le volant. J'ai un besoin soudain de contact, un besoin que je contiens cependant. Je ne supporterais pas le moindre rejet de sa part. Pas maintenant. Peut-être que je ne le risque pas ce rejet parce qu'il m'a semblé... Je repense à la façon dont il m'a pris dans ses bras, à la façon dont il a posé sa main sur la mienne, à la façon dont il a si rapidement accepteé.. Mais non. Je garde mes mains sur mes cuisses.

« Est-ce que quelqu'un t'a déjà demandé une chose pareille ? » je lui demande finalement, préférant occuper mon esprit avec des questions et des réponses concrètes plutôt qu'avec des pensées moins... Platoniques. « De l'emmener quelque part. Je veux dire, quelqu'un de la famille d'un... Comment les appelles-tu ? Des corps ? Des patients même s'ils sont morts ? »

Pourquoi faut-il que je rebascule inévitablement vers ce sujet-là ? Pourquoi ? Sans doute parce que la mort, ce soir, m'enveloppe plus que jamais tout entier.


(c) sweet.lips
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Sullivan Mac Mahon
Good doctor


❖ STATUT : Gendre idéal que tous rêvent de marier.
❖ ORIGINES : Traditionalisme irlandais depuis toujours.
❖ RELATIONS : {CONSTANTINE} Oldest brother.
{RAFFERTY} Best friend.
{CAEM} uc.
{RORDAN} Funny assistant.
❖ pseudo : wiise
❖ CELEBRITE : Seb Stan
❖ AGE : 24
❖ MESSAGES : 75
❖ CRÉDITS : Shellhead
❖ PIEGE DEPUIS : 03/10/2017
❖ Clovers : 118
Voir le profil de l'utilisateur http://lttp.forumactif.org/t3934-sullivan-wild-thoughts
MessageSujet: Re: The body || Sully   12.10.17 22:44

La route s’avale rapidement. La ville, faiblement éclairée de quelques luminaires urbains, tandis que tu te concentres sur ta conduite. Pourtant le silence se fait vite pesant. Alors oui, tu décides de le briser, de tenter par quelque chose d’évident, de basique. Tu conserves même le vouvoiement, simplement parce que tu ne sais guère comment te comporter. Comment réagir. Comme t’adresser à lui, allant jusqu’à vérifier son prénom comme pour avoir son approbation quant au fait de l’utiliser. C’est certainement idiot, mais tu n’as jamais fait ça. Tu ne t’es jamais rapproché de quelqu’un dans une situation aussi peu conventionnelle. Inédite. Finalement, il te répond à la positive, avant de tourner la tête vers toi. Tu le regardes furtivement, avant de te concentrer de nouveau sur la route. Pourtant tu sens son regard sur toi. Tu l’écoutes, esquissant un bref sourire. « Ce bon vieux Dublin » Lâches-tu simplement, sans renchérir sur les mots concernant la mort. Toi pourtant si habitué, tu veux absolument éviter ce sujet là, ce soir. Voilà pourquoi tu lui as d’ailleurs parlé de ta compagnie certainement peu adaptée. Peu engageante. Toi, légiste. Dont le métier lui même est rythmé par les décès criminels ou sortant de l’ordinaire. Alors que tu sais qu’il veut absolument se changer les idées. Profiter d’une bulle hors de tout, juste le temps d’une soirée, avec toi, apparemment. Mais malgré les circonstances, tu es forcé de noter que sa compagnie ne te déplait pas, au contraire. Quelque chose dans son regard. Quelque chose qui t’a déstabilisé, même si tu sais que c’est fortement déplacé. Et surement une très mauvaise idée. Pourtant tu es là, avec lui, à le conduire jusqu’à ton restaurant favori pour les moments de détente, après le boulot. Établissement où tout le monde te connaît et où tu connais tout le monde.

Tu t’apprêtes à renchérir lorsqu’il le fait avant toi, pour broyer du noir. De nouveau. Tu ne peux pas lui en vouloir. Tu aimerais le gratifier d’un nouveau geste réconfortant, mais tu sens que la chose est déplacée. Il n’est plus au sol, avec un désespoir palpable que tu ne peux ignorer. Alors même si tu sens sa détresse, tu ne veux pas trop en faire. Tu te mords l’intérieur des joues. « Tu as bien le temps pour ça, je serai à la retraite d’ici là » Dis-tu avec un sourire en coin, comme pour tenter de détendre l’atmosphère. Sans grande conviction, mais tu n’as rien à perdre à essayer. À tenter de le faire changer de sujet, oublier, un peu, les sensations désagréables de ce début de soirée. La musique berce votre chemin, alors que tu t’arrêtes à un feu rouge, tandis qu’il te pose une nouvelle question. Ne tenant ton volant plus que d’une main, en bas de ce dernier, l’autre posé sur ta propre cuisse, tu tournes la tête vers Caem. « Non jamais, j’admet que c’est une première » Un léger sourire étire tes lèvres. « En principe c’est vrai que j’ai toujours cette barrière personnelle professionnelle mais… Je ne sais pas, je sentais que c’était la bonne chose à faire » Dis-tu en haussant légèrement les épaules tandis que tu redémarres, reprenant la route. Il ne vous faut que quelques minutes supplémentaires pour enfin rejoindre le parking jouxtant le bar restaurant. « Et voilà on y est » Dis-tu dans un sourire, une fois garé, tournant la tête vers Caem. « Je préfère prévenir que je t'invite, je ne te laisse pas le choix » Finalement, c’est le tutoiement qui prend le relai rapidement, naturellement. Tu te rends compte que tu n’as pas à être gêné. Que tu n’as pas à t’embarrasser de manières, juste prendre cette soirée comme elle est. Ne pas chercher à le materner d’une façon ou d’une autre, ce n’est pas ça dont il a besoin. C’est de ton insouciance, de ta légèreté, presque comme si la scène sur le parking de l’hôpital n’avait pas eu lieu.

Sortant de la voiture après avoir récupérer ton portefeuille et ton téléphone, tu attends qu’il fasse de même et c’est ensemble que vous rejoignez l’intérieur de l’établissement où déjà du monde s’agglutine. De nombreuses tables occupées, mais aussi, la piste de danse du côté bar, fréquentée par quelques habitués qui déjà s’élancent après quelques verres sur un rythme lancinant. Tu souris largement lorsque Marco, le propriétaire, te salue chaleureusement, te gratifiant de l’habituelle accolade. « Sully ! Ça fait plaisir de te voir ! Et avec de la compagnie cette fois ! Juste vous deux ? » Dit-il en désignant du regard Caem qui observe autour de lui. Tu lui souris. « Salut Marco, oui ça faisait un moment, et oui, pour deux » L’homme te gratifie d’un clin d’œil alors que déjà, il vous guide vers une table située contre les larges baies vitrées donnant sur un petit jardin appartenant à l’établissement, bien que baigné dans la nuit. Tu t’installes à table, face à Caem, retirant ton trench au passage pour le caler sur le dossier de ton fauteuil. « Tu as faim ? Tu bois quelque chose ? » Oses-tu demander d’un regard, alors qu’une serveuse vous dépose deux menus après t’avoir saluer et sourit largement. « Enfin, d’ailleurs je me suis permis de te tutoyer, je n’ai pas l’habitude mais j’imagine que c’est mieux ? » Léger sourire, finalement, malgré toutes tes tentatives, tu es un peu nerveux. Comme un premier rendez vous pour le moins déstabilisant, où tu ne sais pas trop où te mettre. Comment te situer. La familiarité ou au contraire, plus de réserve ? Malgré ton accessibilité et ta bonne humeur, tu n’as jamais été un grand dragueur à l’aise avec ce genre de tête à tête. Même si ici, tu doutes que ce genre de romance soit la tasse de thé de Caem. Qui plus est avec un homme. Et un homme comme toi. Un peu trop précieux, certainement.
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Caem O'Toole
LTTP Member


❖ STATUT : Si pour les apparences Caem est marié, il se considère en réalité comme célibataire. Libre comme l'air. Discrètement bien sûr, mais libre comme l'air.
❖ ORIGINES : Irlande. Son pays. Son sang. Il est, comme il aime à le dire, "pur".
❖ RELATIONS : || Sully : uc
|| Connor : frère | RIP
|| Eimer : femme & amie
|| Glenn : fils âgée de 11 ans
|| Geillis : fille âgée de 12 ans
|| Luca : uc
❖ pseudo : J.
❖ CELEBRITE : Colin O'Donoghue
❖ AGE : 34
❖ MESSAGES : 28
❖ CRÉDITS : J. (avatar & gifs) - black pumpkin (code signature)
❖ PIEGE DEPUIS : 03/10/2017
❖ Clovers : 74
Voir le profil de l'utilisateur http://lttp.forumactif.org/t3933-caem-there-s-something-inside-me-that-pulls-beneath-the-surface http://lttp.forumactif.org/t3959-caem-crawling-in-my-skin-mob-tu http://lttp.forumactif.org/t3960-caem-stuck-in-reverse#47584
MessageSujet: Re: The body || Sully   14.10.17 20:18

The body


La mort m'attire à elle, inévitablement. Ou, plus exactement, ce qui entoure la mort m'attire... Je suis proche d'elle tous les jours, je la provoque, la défie, la fait mienne et j'en suis imprégné mais ce soir c'est différent. Ce soir, c'est d'une toute autre manière que le voile noir m'entoure et me fait presque étouffer. Et j'y reviens. J'ai beau contourner le sujet, basculer sur autre chose, j'y reviens. A la mort. A sa mort à lui. Mais Sullivan, lui, s'en éloigne malgré le métier qui est le sien. Il s'en éloigne, il ne répond même pas à ma question. Je ne saurais dire s'il l'élude volontairement, s'il préfère l'ignorer ou si dans le fond elle lui semble tellement dérisoire qu'il ne s'y attarde pas. Je ne sais pas. Il se contente de répondre à la première question, à celle posée concernant la situation, notre situation pour le moins étrange et donc unique dans le cas présent puisqu'il m'avoue que non, il n'a jamais fait ça pour personne. Je l'entends me parler de barrière, je l'entends me dire qu'il a franchi cette barrière parce qu'il sentait que c'était la bonne chose à faire. Il m'arrache un petit sourire. Il éveille aussi, par ses mots, de nouveau l'envie de me rapprocher, de le toucher et lui qui a parlé de barrière, je n'ose pas la franchir. Pas tout de suite. Pas ici. Pas maintenant. Pas comme ça. Pourtant, je suis d'ordinaire assez direct, à l'aise aussi, mais là c'est différent. Est-ce la mort de Connor qui me rend ainsi ? Je ne le pense pas non. C'est lui. Lui. Lui qui se gare enfin et je jette un coup d'oeil par la vitre pour observer le restaurant avant de reporter mon attention sur Sullivan quand il m'annonce qu'il m'invite et qu'il ne me laisse pas le choix. Je le regarde droit dans les yeux et sa détermination me plaît. Vraiment. Et l'envie me prend de me pencher vers lui, de l'embrasser, peut-être même d'oublier le restaurant qui se trouve tout près de nous. Il sort cependant de la voiture avant que je n'aie le temps d'esquisser le moindre geste.

Sans doute pour le mieux.

Cela me permet non seulement de me reprendre mais surtout de faire réapparaître le masque parce qu'être totalement « nu » face à lui est une chose, l'être aux yeux de tous en est une autre et c'est absolument hors de question. Ainsi, lorsque j'ouvre la porte et rejoins Sullivan, la distance est de mise. Pas vis à vis de lui, mais vis à vis des autres, du reste du monde... Le masque a repris sa place, le visage s'est fermé. Et lorsque nous pénétrons finalement à l'intérieur de l'établissement, je ne me sens tout de suite pas à ma place. Trop... Lumineux. Je suis habitué aux bars sombres, pas à ce genre d'endroit. Je réalise en fait que je n'ai pas été au restaurant depuis très, très longtemps. Volontairement. Et je me demande soudain si c'est une bonne idée. Je me demande soudain si mon égoïsme n'est pas trop poussé parce que je l'observe lui, en train de discuter, j'observe la lumière qu'il dégage et j'ai la désagréable sensation d'être un trou noir qui risque d'aspirer toute sa lumière. Le fait est que sa lumière, j'en ai terriblement besoin mais est-ce une raison suffisante pour oser poursuivre ? Pour continuer cette soirée en sachant ce que j'en attends, ce qu'il risque d'en récolter, lui ? La raison me dit de m'approcher, de lui murmurer à l'oreille que c'est une mauvaise idée, de le remercier pour tout avant de partir. Je ne prends cependant pas la décision d'écouter la raison. La raison, je l'envoie valser dans un coin de mon esprit et suis Sullivan alors que lui-même suit un dénommé Marco qui nous emmène vers une table qui se trouve près de grandes baies vitrées qui elles-mêmes donnent sur un petit jardin. Je m'installe sur ma chaise, jette un coup d'oeil autour de moi. Je dénote toujours autant dans un tel décor mais quand je repose mon regard sur Sullivan qui vient de retirer son trench, tout à coup, je me fous de dénoter à ce point. Je retire à mon tour ma veste en cuir, me contente d'un salut de la tête pour la serveuse alors que Sullivan lui offre un large sourire dont je m'abreuve avant d'ouvrir le menu et de l'observer avant de hausser les épaules lorsqu'il me demande si j'ai faim et ce que je bois. Là, tout de suite, je ne sais pas trop. J'hésite. Manger ? Boire ? Les deux ? Rien ? Ces petites questions intérieures sont balayées lorsque Sullivan mentionne soudain le fait qu'il s'est mis à me tutoyer. Je relève mon regard vers lui, l'observe un instant en silence.

Et j'esquisse un léger sourire.

« J'y suis venu naturellement alors ça ne me dérange pas que tu fasses pareil, au contraire. Et puis... » Un silence. Le sourire se fane. « Après la façon dont tu m'as vu, dont tu m'as tenu dans tes bras, dont moi, je t'ai tenu dans les miens... » Je reporte mon attention sur le menu qui ne m'intéresse pas plus que ça mais mentionner ce qu'il s'est passé à voix haute me gêne un peu. Juste parce que je l'ai laissé me voir et que je n'en ai pas l'habitude. « Il me semble qu'on a dépassé la barrière du vouvoiement à ce moment-là. » j'ajoute finalement en osant un bref regard vers lui avant de me remettre à lire le menu.

Je détaille les plats, les boissons et plus les secondes passent moins je suis attiré par quoi que ce soit, en ce qui concerne la nourriture en tout cas. Je termine par secouer la tête.

« Je pense que je vais me contenter de boire en fait. Mais tu devrais commander à manger pour toi. » je dis rapidement en relevant mon regard vers lui. « J'imagine que tu n'as rien mangé et tout à l'air très bon, ce serait idiot que tu te prives à cause de moi. Je ne peux rien manger. Même si je pouvais, je n'ai même pas faim. J'étais en train de manger quand on m'a... » La voix se meurt brutalement. Je ne termine pas ma phrase. Le « quand on m'a appelé » reste bloqué. J'y reviens. Encore et toujours. Et je réalise que je ne l'ai pas appelée, elle. Tout a été tellement... Je soupire. « J'ai besoin de passer un coup de fil. » je dis soudain avec plus de gravité. « Je n'en ai pas pour longtemps. » Un autre coup d'oeil au menu. « Tu sais quoi ? » Regard reporté sur Sullivan auquel j'adresse l'ombre d'un sourire. Je veux sourire mais je suis incapable de faire mieux. « Commande-moi un verre. Tu as l'air de connaître l'endroit alors, choisis ce qu'ils ont de meilleur et de plus fort aussi. » j'ajoute avec un regard entendu. « Je te fais confiance. » Ce qui est vrai. Je me redresse, récupère mon téléphone dans ma veste que je laisse sur ma chaise. « Je reviens tout de suite. »

Et sur quoi je m'éclipse du restaurant et appelle Eimer. A peine a-t-elle décroché qu'elle pose la question fatidique.

« C'est lui Caem ? »

Je hoche la tête, ne réponds rien, le mot se bloquant dans le fond de ma gorge.

« Caem ?
- Oui... Oui c'est lui... » je termine par souffler la voix tremblante.

Je sens que ça me reprend et c'est impossible. Pas ici. Pas maintenant. Je prends une profonde inspiration pour me calmer. Eimer ne dit plus rien. Il me semble l'entendre étouffer un sanglot au bout du fil : elle adorait Connor.

« Je ne vais pas rentrer cette nuit. Je parlerai aux enfants et à ma mère demain.
- Tu es sûr que c'est une bonne idée ?
- Si c'était Glenn ou Geillis, tu ne voudrais pas ne pas savoir ? Juste pour une nuit supplémentaire ? »

La pensée m'arrache une nausée et un soupir plaintif. Je peux imaginer la douleur de ma mère lorsque je vais débarquer chez elle pour lui annoncer et oui, je veux lui laisser ce répit-là. Qui plus est...

« Et moi aussi j'ai besoin de cette nuit supplémentaire.
- Tu ne rentres vraiment pas ?
- Non. »

Que je passe la nuit avec Sullivan ou non, je ne rentrerai pas.

« Est-ce que je dois m'inquiéter Caem ?
- Si tu te demandes si je vais faire quelque chose de stupide la réponse est non Eimer. »

Un regard pour l'intérieur du restaurant. De là où je suis je ne peux pas voir Sullivan mais il est là, et finalement, je vais peut-être faire quelque chose de stupide mais pas au sens où elle l'entend.

« Je ne suis pas seul. » j'ajoute finalement pour la rassurer. Il me semble l'entendre soupirer de soulagement.

Peut-être que je l'imagine.

« D'accord. Fais juste attention à toi s'il te plaît et... Caem... Je suis là, tu le sais hein ?
- Oui je sais... Je vais raccrocher. Il m'attend. »

Je préfère couper court parce que ça me monte.

« A demain alors.
- A demain. »

Je raccroche, me frotte le visage, reprends une profonde inspiration avant de retourner à l'intérieur du restaurant et plus je m'approche de notre table, plus j'accélère le pas.

J'ai juste hâte d'être de nouveau face à lui.
D'être à nouveau baigné dans sa lumière.



(c) sweet.lips


Dernière édition par Caem O'Toole le 14.10.17 20:29, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
avatar

Sullivan Mac Mahon
Good doctor


❖ STATUT : Gendre idéal que tous rêvent de marier.
❖ ORIGINES : Traditionalisme irlandais depuis toujours.
❖ RELATIONS : {CONSTANTINE} Oldest brother.
{RAFFERTY} Best friend.
{CAEM} uc.
{RORDAN} Funny assistant.
❖ pseudo : wiise
❖ CELEBRITE : Seb Stan
❖ AGE : 24
❖ MESSAGES : 75
❖ CRÉDITS : Shellhead
❖ PIEGE DEPUIS : 03/10/2017
❖ Clovers : 118
Voir le profil de l'utilisateur http://lttp.forumactif.org/t3934-sullivan-wild-thoughts
MessageSujet: Re: The body || Sully   Hier à 13:55

Tu le sens se renfermer, aussitôt la porte du restaurant franchi. Cette espèce de masque stoïque, qui ne laisse transparaitre aucune émotion. Mais tu ne te laisses pas abattre. Tu sais que tu peux réussir à lui changer les idées. Alors c’est avec le sourire que tu entames cette deuxième partie de soirée, dans ton élément. Dans ce lieu si familier où les sourires sont de mise. Et enfin l’un en face de l’autre, tu brises la glace, de nouveau. Un peu gêné d’abord, un peu nerveux, puis rapidement, plus détendu. Son sourire te conforte dans l’idée que tu es sur la bonne voie. Que tu as raison, d’avoir accepté sa proposition. Que tout peut bien se passer et surtout, qu’il va sortir de nouveau de cette carapace qui a immédiatement repris le dessus en sortant de ton véhicule. La familiarité s’installe, alors qu’il parle du tutoiement, avant de renchérir sur votre étreinte. Tu es un brin gêné, un instant. Tu n’as écouté que ta pulsion en fondant sur lui pour soutenir sa peine d’une étreinte douce et réconfortante. Tu as été happé par sa détresse, au point de ne pas écouter ta potentielle raison, qui t’aurait poussé à ne pas t’en mêler. C’était plus fort que toi. Cette compassion qui te transportes, souvent, bien que tu saches t’en détacher. « Oui, je pense que tu as raison » Lâches-tu en guise de conclusion à ses paroles. Il est vrai que rien que par ses gestes, vous n’en êtes plus aux banales politesses d’usage. Tout a été balayé lorsque tu as pu sentir sa détresse et apaiser son âme meurtrie. Même temporairement. Alors finalement, ton regard clair posé sur lui s’abaisse vers le menu que tu parcoures rapidement, sachant déjà ce que tu souhaites prendre. Tu le déposes face à toi, fermé, explicitant le fait que tu as fait ton choix. Tu te permets de détailler un instant Caem, sans te vouloir trop insistant, alors qu’il fouille lui aussi le menu. Quelque chose dans toute sa façon d’être, qui démontre un grand sang-froid de manière générale, une force impressionnante. Toi, souvent trop sensible, bien que tu aies appris, avec le temps mais aussi ta situation familiale, à cacher bon nombres de choses. À éluder les vérités, à mentir, aussi, bien que cela soit une chose qui te met mal à l’aise. Tu sais aussi le faire face à tes parents, à certains de tes proches, qui attendent trop de toi pour accepter tes vérités.

Le regard perdu un peu plus loin, dans le lieu, un peu dans le vide aussi, certainement, tu reprends tes esprits lorsqu’il s’adresse de nouveau à toi. Ton regard s’ancre dans le sien. « Oui, j’admet que j’ai faim » Avoues-tu avec un léger sourire, alors que sa nouvelle phrase l’efface aussitôt pour laisser place à un air désolé. Un peu gêné aussi, toi, si détaché de la mort. Bien que jusqu’à présent, tu n’aies jamais eu à être à sa place. « Je suis désolé, ce n’était peut être pas une bonne idée de venir ici » Lâches-tu enfin, fronçant légèrement les sourcils alors que déjà, il renchérit. Ton regard subrepticement baissé, tu le relèves pour sourire en coin. Voilà que l’ambiance devient soudain plus légère, même s’il doit sortir un instant. « Très bien, c’est dans mes cordes. Vas-y » Conclu-tu d’un geste de la main pour l’inciter à vaquer à son coup de téléphone alors que déjà, à peine sorti, la serveuse, Emmy, s’approche de toi pour prendre ta commande. Une viande et une salade pour toi, accompagné d’un verre de vin rouge, alors que tu commandes un verre du meilleur whisky de Marco, pour Caem. Tu ne sais pas s’il aime cette boisson là, mais tu imagines qu’en irlandais qu’il se respecte, il y a de forte chance. Surtout en tant que Dublinois. Tu patientes alors, tandis que dos à l’entrée, tu ne peux pas le voir. Saisissant ton téléphone, tu en profites pour parcourir tes messages, ton fil instagram et quelques autres applications d’insouciance. Tu te perds un instant, affalé dans ton fauteuil, les jambes tendues et les chevilles croisées, pianotant avec rapidité sur ton smartphone. Tu en oublies le temps qui passe, sortant de ta transe technologique lorsqu’Emmy revient avec ton plat et les boissons. Tu la remercies d’un sourire lorsque déjà, Caem revient, tandis que tu te redresses sur ta chaise pour être un peu moins nonchalant. Un peu plus présentable. Vieille habitude.
Le brun s’installe de nouveau en face de toi, rangeant son téléphone dans sa veste, alors que tu t’adresses à lui de nouveau. « J’espère que tu aimes le whisky ? Je t’ai pris leur meilleur » Tu le gratifies d’un léger sourire. Toi qui aimes faire plaisir aux uns et aux autres. Toi qui aime offrir, plus que de raison. « N’hésites pas si tu veux autre chose, ou même carrément la bouteille, en fait » Ton sourire s’élargit, alors que tu saisi tes couverts pour piocher dans ton assiette rapidement. Avalant les premiers morceaux de viande, tu saisis ton verre de vin pour en avaler une gorgée. « Alors ? Qu’est ce que tu penses de l’endroit ? » Changer de sujet. Dévié des mauvaises nouvelles, de ce coup de téléphone certainement peu joyeux, de la mort ambiante qui se déplace avec toi. De ta profession macabre et des conséquences de cette dernière. S’éloigné de tout ce qui a fait le torrent d’émotion de la soirée, pour ne vous baigner que dans une certaine légèreté dont tu es spécialiste. Insouciant, souvent, lorsqu’il s’agit de t’amuser, de profiter de quelques plaisirs. Le regretter parfois, ensuite, mais vivre le moment présent sans trop réfléchir aux sérieux des choses. Ou comme ici, à ta prime nervosité.
Revenir en haut Aller en bas

Contenu sponsorisé

MessageSujet: Re: The body || Sully   

Revenir en haut Aller en bas
 
The body || Sully
Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» B'jour, Ivry-body.
» ☆ MOVE YOUR BODY.
» Rock that Body !
» Body & Soul
» now if we're talking body you've got a perfect one so put it on me (eryk, 6.02, 02h21)

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Look through the pain :: Dublin :: Temple bar :: SJ Hospital-
Sauter vers: