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les hurlements furieux de la nuit dans nos têtes. - Estella

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Holden Kelly
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Statut : aussi élégant qu'un mollusque.
Origines : dublin est la mère dont il a tété le sein jusqu'à ne plus savoir s'en séparer. sombre mélancolique immunisé à la noirceur.
Relations : (emrys) frère d'âme, compagnon d'infortune.
(estella) protégée.
(kermit) criminel oublié.
(maxime) ancien collègue de travail, moteur.
(sullivan) passion partagée, complicité dégradée.
(lucida) premier amour.
(elohim) petite conne.
Pseudo : Samhain.
❖ CELEBRITE : Joaquin Phoenix.
❖ AGE : 23
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MessageSujet: les hurlements furieux de la nuit dans nos têtes. - Estella   Dim 26 Nov - 18:30


les hurlements furieux de la nuit dans nos têtes.
estella & holden

«La culpabilité, c'est comme une égratignure, cela fascine, et le coupable ne cesse d'examiner et de gratter la plaie, si bien qu'elle ne cicatrise jamais.»
Depuis qu'il a foutu sa vie en l'air, Holden est plutôt du genre casanier. On le voit rarement sortir de chez lui (sauf pour aller boire un coup mais il considère ça plus comme une coupure avec le monde). Le temps a fait de lui un espèce d'ermite des temps modernes l'empêchant de sourire et de traverser le pas de la porte sans être serein. Il est pas devenu peureux Holden, ni lâche, loin de là. C'est juste qu'il trouve plus aucun intérêt avec le monde extérieur. Il a parfois la sensation d'être enfermé dans une bulle si petite qu'elle réduit son champs de vision au bout de son nez. Au début, une part de lui le faisait culpabiliser mais maintenant, le retraité est figé dans sa léthargie. Son corps n'est plus qu'un refuge à solitude que plus personne ne vient voir. Pourtant, aujourd'hui, il a enfilé sa veste molletonnée qui lui donne cet air de bûcheron pour affronter le froid de l'automne qui lui pique aux joues. Un bonnet enfoncé sur la tête, seuls ses grands yeux bleus transpercent l'atmosphère sombre d'un ciel gris ayant assassiné un brave soleil pendant l'après-midi. Les jambes lourdes, le retraité a l'impression de retrouver des sensations en se dirigeant jusqu'à sa voiture où ses doigts douloureux l'ouvrent tant bien que mal. Son regard cerné se pose sur la route alors qu'il jette une dernière fois un coup d’œil à l'adresse qu'on lui a donné quelques jours plus tôt après maintes recherches. Même lui n'y croyait plus après tous ces mois. Même lui pensait devoir tirer un trait sur ce visage là jusqu'à ce coup de fil et cette trace d'espoir. Cette même trace d'espoir contenant sur un minuscule bout de papier et quelques traits d'encre bleue.

Dans la nuit tombante, à la lumière des lampadaires le guidant dans la nuit, Holden sent un frisson traverser sa colonne vertébrale tandis qu'il se gare à quelques pas du Red lion. Son cœur se crispe alors qu'il ne sait plus, s'il a envie ou non de découvrir ce qu'il cherche depuis des semaines déjà. L'homme s'imagine soudainement tout un tas des scénarios plus atroces les uns que les autres pendant qu'il fait ses premiers pas le long de Liberties. Ses sourcils se froncent un instant alors qu'il s'apprête à demander de l'aide à un passant avant de se raviser. Sa gorge se noue et la distance entre Estella et lui devient infime. Il n'ose pas la toucher tout de suite. Etablir un contact visuel l'aide à se dire qu'il n'hallucine pas, que ses espoirs ne le mènent pas en bateau. Holden prend une longue inspiration alors que sa voix rocailleuse masque les bruits environnants. Enfile ça. L'homme lui ordonne, sans lui laisser le choix de refuser son action. Sa vieille veste portant une forte odeur de cheminée termine sur les frêles épaules de la jeune femme et s'autorise à lancer un regard noir aux passants qui s'attardent un peu trop sur eux. Certainement qu'il doit avoir l'air de l'un de ces vieux pervers cherchant le contact de filles beaucoup trop jeunes pour eux. Qu'importe. Il a l'air sévère, Holden, celui d'un père qui n'en veut pas à son enfant mais à lui-même. Peut-être qu'il n'a pas tout donné pour elle, peut-être qu'il aurait mieux fait de se battre, encore, jusqu'à en perdre tous ses moyens.

Il ne prononce pas un mot mais cela le fout en l'air de voir une gosse faire le tapin. Il serait en âge d'être son père. Tu veux pas qu'on rentre boire un coup pour te réchauffer ? Et quand il dit ça, Holden baisse son regard sur ses jambes et nues et ses vêtements trop courts pour la saison. Pendant un instant, il voudrait lui dire qu'elle a pas besoin de tout ça pour charmer un homme, seuls ses yeux pourraient les faire chavirer mais ne dit rien, se contente de ce silence réconfortant. Son menton reste encore planté en direction du bar. Holden reste de marbre, ses grosses mains s'enfonçant dans les poches de son jean, les yeux perdus dans les néons de la ville pour ne pas ressentir de la pitié pour Estella. Parce qu'il connaît, le retraité, les dégâts que peut parfois faire ce sentiment, la confiance qu'il vous pompe et la colère qu'il fait parfois naître. Il laissera tomber le masque face à Estella mais pas maintenant, pas sur un trottoir qui la pousse vers l'enfer.
(c) DΛNDELION
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Estella Marques
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MessageSujet: Re: les hurlements furieux de la nuit dans nos têtes. - Estella   Jeu 30 Nov - 16:36

les hurlements furieux de la nuit dans nos têtes
feat Holden
Comme tous les soirs, Estella s'arrête devant la glace minuscule du 9m² dans lequel elle vit. Elle sort avec attention les différents produits de la trousse de toilette qu'on lui a donné à son arrivée. Fond de teint, blush, rouge à lèvres, mascara. On pourrait croire qu'elle se prépare pour une fête. Elle fonce le contour de ses yeux, souligne ses cils d'un trait de liner. Ses lèvres pulpeuses sont recouvertes d'une couleur foncée. Elle passe une main dans ses cheveux bouclés indomptables, les ramenant en un épais chignon sur le dessus de son crâne. Elle ne leur offrira pas sa tignasse de lionne, elle ne les laissera pas y passer leurs doigts dans un simulacre de tendresse ou agripper ses boucles dans un élan passionné. Elle ne veut rien leur offrir, rien de plus que ce qu'elle a décidé de mettre en vente. Ses jambes sont couvertes d'un fin collant noir. Une tentative vaine de se protéger du froid mordant de l'hiver irlandais. Mini-jupe en simili cuir et blouson vieilli, elle a parfaitement conscience de l'image qu'elle renvoie. Celle d'une fille paumée, de la pute au rabais qu'on croise sans vraiment voir à un angle de rue. Estella avait d'autres rêves, d'autres envies. Mais c'est ici que la vie l'a conduite. Faire le trottoir représente ses meilleures chances de s'en sortir en emmenant avec elle sa mère et sa petite soeur.

Dans la rue, les voitures passent sans s'arrêter. Quand l'une d'entre elles ralentit, elle s'approche, se penchant à la fenêtre ouverte. Sourire faussement charmeur, elle leur fait miroiter les bienfaits d'une demi-heure en sa compagnie, enchaîne les passes sans jamais broncher. Depuis qu'elle a quitté le domicile de son beau-père, Estella ne s'est jamais plainte. Pas question de s'apitoyer sur son sort. Chercher de l'aide ailleurs, elle avait essayé. Mais la police n'avait été d'aucune utilité. Elle aurait bien repris contact avec cet homme, le seul qui avait accepté de croire en sa version. Holden lui avait été d'une aide précieuse sur le plan psychologique. Mais comme les autres, il n'avait pas agi. Alors qu'aurait-il pu faire maintenant qu'elle était à la rue ? La question ne s'était jamais posée. En l'absence de téléphone portable et d'argent pour payer quelques minutes d'appel, elle avait renoncé et le numéro de téléphone avait fini au fin fond de l'eau, dans un élan de rage. Depuis, elle évitait d'y penser. Il n'était plus rien d'autre à ses yeux qu'un des nombreux fantômes qui peuplent son passé. Et ça aurait pu continuer comme ça. Il n'y avait aucune raison pour que les choses changent. Pourtant, cette soirée froide devait ne pas être comme les autres. Généralement, Estella ne prête pas attention aux passants, qui ne sont pratiquement jamais des clients potentiels. Mais elle sent un regard pesé sur elle. Ses prunelles agacées en cherchent l'origine et elle se fige immédiatement en reconnaissant la silhouette de l'homme, à quelques mètres d'elle. Elle se raidit un peu plus quand il l'approche, se demandant si il ne s'agit pas là d'une hallucination due au froid glacial. Les premiers mots qu'il lui prononce, alors qu'il lui tend sa veste, la ferment un peu plus. Pourtant, elle ne discute pas et s'exécute de façon automatique. Elle est loin d'avoir chaud, dans son uniforme au tissu réduit.

Estella fronce les sourcils en refermant les pans de la veste sur son corps. Elle se sent honteuse, dans cette rue sombre. Honteuse de ce qu'elle y fait, honteuse qu'il se sente obligé de la cacher sous un manteau. Elle secoue la tête alors qu'il lui propose de rejoindre le bar en face pour boire quelque chose. "Je suis en train de bosser ..." Elle chuchote à peine, pas vraiment convaincue par sa réponse. Toute cette situation semble irréelle. Parler à quelqu'un de connu, autrement qu'en se cachant de son beau-père, a quelque chose de profondément réconfortant. Pourtant, elle lutte contre cette part d'elle-même qui voudrait déjà l'éloigner, comme une tentative désespérée de se protéger contre la vie qui l'a trop souvent bousculé. "Juste un verre alors." De toute façon, elle n'attend aucun client fidèle et elle grelotte de froid. Elle aurait envie de se laisser aller, de le prendre dans ses bras et de pleurer jusqu'à ne plus avoir une seule larme en stock. Mais elle garde la tête haute, pas question de s'effondrer ici, dans ce milieu qui n'accorde aucune pitié. Les yeux baissés, elle traverse la rue sans oser affronter son regard ou trouver quoi dire. Dans le bar, les discussions s'interrompent un instant. Elle connaît la plupart des hommes ici, pour les avoir trop souvent vu entrer et quitter le bar en la reluquant des pieds jusqu'à la tête. Certains ont déjà été clients de ses services. Elle voudrait disparaître au fin fond d'un trou, mal à l'aise parmi ces hommes et leur regard insistant. Ce serait facile de faire demi-tour. Au lieu de ça, elle se cache derrière la silhouette massive de Holden, retrouvant ses réflexes de gamine qui a besoin qu'on la protège. Jouer à la femme forte, elle sait faire au quotidien. Mais le masque qu'elle porte ne lui réussit pas toujours. Parfois, il laisse place à toutes ses faiblesses. Elle finit par faire demi-tour, incapable de soutenir plus longtemps les nombreux jugements silencieux qui la pèsent. Ses yeux clairs se posent enfin sur Holden, trahissant autant d'incompréhension que de colère. "Laisse tomber. Personne ne veut d'une fille comme moi dans son bar. Qu'est-ce que tu veux de toute façon ? Tu cherchais de la compagnie et, oh, pas de chance, c'est sur moi que t'es tombé ? Il y a plein d'autres filles plus loin qui seront ravies de te tenir compagnie." Les larmes montent à ses yeux. Elle a envie de crier, de frapper toute sa frustration et sa colère, injustement dirigées contre lui.
☾ anesidora
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Holden Kelly
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MessageSujet: Re: les hurlements furieux de la nuit dans nos têtes. - Estella   Sam 2 Déc - 23:45


les hurlements furieux de la nuit dans nos têtes.
estella & holden

«La culpabilité, c'est comme une égratignure, cela fascine, et le coupable ne cesse d'examiner et de gratter la plaie, si bien qu'elle ne cicatrise jamais.»
Holden a beau avoir été un flic, son accident a affaissé sa vision de voir les choses. Il ne fait plus attention aux détails, ne se perd plus dans les nuances parce qu'il a constamment la tête ailleurs. Son corps est là mais son âme partagée en deux, scindée en deux parties bien distinctes : celle qui lutte encore un peu pour ne pas se noyer et l'autre, tout au fond de l'eau, si profond qu'on ne peut la voir dans le liquide trouble qui la dissimule. S'il avait pris le temps d'examiner la situation, de se mettre à la place d'Estella alors peut-être que Holden ne lui aurait pas proposé d'entrer dans l'un de ces bars miteux. Lorsque la jeune-femme lui dit qu'elle est en train de bosser, le retraité ne peut s'empêcher de lâcher un rire méprisant. Du genre 'bosser ? parce que ça peut s'appeler un boulot, faire le tapin ?' mais il ne dit rien parce que l'expression de son visage suffit largement à lui faire comprendre qu'il n'est pas d'accord avec elle. Cette fois, il ne la suivra pas dans cette direction. Pour avoir parlé de nombreuses fois avec elle, l'homme sait qu'elle vaut bien plus que ça. Cela lui démange de lui faire des leçons de morale. Non pas parce qu'il veut lui montrer qu'il la méprise mais parce qu'il s'inquiète pour elle. Cela fait des semaines qu'Holden ne cesse de se faire un sang d'encre pour la prostituée qu'il regarde maintenant de ses yeux déçus. Mais à quoi pouvait-il bien penser pendant tout ce temps ? Il sait, cet idiot, comme la vie peut-être cruelle ici, comme la rue est un endroit où l'on s'écrase sans jamais essayer de se tenir la main. Il a bien compris, au fil de sa carrière, que rabaisser l'autre est l'unique façon de s'en sortir. C'est peut-être pour ça d'ailleurs qu'il en est là aujourd'hui : le corps fatigué, échoué sur un trottoir à la recherche d'une fille -non, femme- qui tente de survivre sans avoir besoin de lui. Des deux, ce doit être lui qui doit faire pitié et cela lui serre la gorge d'une façon si brusque qu'il ne parvient plus à avoir de salive pendant quelques secondes. Sa langue lui colle au palais alors que l'intérieur de ses joues devient un désert sans la moindre saveur.

Le regard d'Estella lui fait froid dans le dos. Soudainement, c'est comme si la nuit devenait si épaisse que l'on pourrait la couper en tranche. Son coeur lui semble moins lourd lorsqu'elle finit par accepter de le suivre et son imposante silhouette enclenche le pas. Ses yeux gris se perdent sur les tables de l'autre côté de la vitrine alors qu'il prend une longue inspiration pour se donner le courage d'y entrer en se promettant de ne pas en ressortir rond comme une bille. Holden fait un pacte avec lui-même, celui d'être à la hauteur. A la hauteur pour cette fille là, pour celle qu'il avait abandonné sans être capable de la sortir de ce filet empoisonné. Il s'en veut terriblement, au fond. Il a la sensation que c'est à cause de lui si tous les regards se posent sur elle et la dévorent sans une once de pitié. Jetés au milieu des sangsues, sa carrure ne sera pas un bouclier suffisamment solide pour faire face à la perversion habitant en chaque homme autour d'eux. Le retraité fronce les sourcils et se retourne instinctivement en sentant la présence d'Estella faire demi-tour, vouloir disparaître dans l'obscurité sans autre forme de procès. Les mots qui s'échappent de ses lèvres sont comme un poison qu'elle lui injecterait à même le coeur et même s'il ne scille pas, Holden s'en retrouve blessé. Peut-être lui aurait-il foutu une claque dans d'autres circonstances mais le regard humide que la jeune-femme lui adresse ne fait que l'enfoncer un peu plus dans sa culpabilité.

Ne dis pas de bêtises.
Sa voix est grave et sévère. Il lui en veut de parler comme ça, de l'atteindre bien plus qu'il ne le voudrait. A force de se cacher derrière sa carapace Holden avait oublié ce que cela pouvait faire. Tu sais, l'idée de souffrir des mots d'un autre. L'idée de se sentir mal et impuissant. Puisqu'il ne se sent pas de résister et d'entrer dans un rapport de force avec elle, l'homme prend à nouveau les devants et quitte le bar dans un lourd silence. Ce n'est qu'une fois sur le trottoir qu'il ose sortir une clope et lui tendre une pour tenter de calmer leurs esprits. Pourtant, dans sa tête, les mots résonnent encore. Blessé. Bien sûr qu'il l'est. Mais de ça, il ne lui en fera pas part. Le temps les a trop séparé pour ouvrir les plaies et laisser tomber les masques en un instant. La fumée s'insinue dans ses poumons alors qu'il plante son regard dans le sien, plus dur, plus solide que tout le reste. Holden veut qu'Estella sache qu'il est encore capable d'être un pilier, qu'il ne s'écroulera plus comme il l'a fait par le passé. C'est bon ? t'as terminé ton cinéma ? Un brin sarcastique, le retraité fixe un instant les voitures qui passent à côté d'eux avant de retourner son attention vers elle, noyée dans sa veste beaucoup trop grande. C'est toi que je cherchais. J'avais besoin de savoir ce que tu devenais. Il insiste sur le mot, sur le besoin qu'il pouvait ressentir dés que ses pensées se tournaient vers elle. Maintenant, il ne sait plus quoi lui dire, Holden a comme les jambes sciées. Tu sais, il faudrait que t'arrêtes de croire que tout le monde te veut du mal. Et il dit ça avec une certaine amertume dans la voix.
Holden s'était fait la promesse de ne pas déborder mais comme toutes les fois où il se jure quoi que ce soit, il échoue.
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Estella Marques
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MessageSujet: Re: les hurlements furieux de la nuit dans nos têtes. - Estella   Lun 11 Déc - 14:26

les hurlements furieux de la nuit dans nos têtes
feat Holden
Elle voudrait lui faire ravaler son rire moqueur. D'ordinaire, elle se fiche bien du regard des autres. C'est ce qu'il faut réussir à faire, quand on vit dans la rue et qu'on est exposé tous les jours aux regards des autres. A leur jugement, parce que ça ne rentre pas dans leur normalité de faire le trottoir. Mais ça n'est une normalité pour personne, pas même pour elle alors qu'elle exerce le plus vieux métier du monde depuis un moment maintenant. Alors elle peut encaisser les remarques salaces, les regards en coin et les sourire moqueurs des passants, des inconnus qui s'effacent de son esprit dès qu'ils sortent de son champ de vision. Mais venant de Holden, la pilule est particulièrement difficile à avaler. Elle voudrait lui répliquer qu'elle n'a pas eu le choix, que personne n'embauche une fille comme elle, une étrangère sans qualification. Que tous les jobs de serveuse ne suffiront jamais à leur payer de nouveaux papiers pour leur permettre de quitter ce pays qu'elle déteste tant. Estella finit par se résigner. Les mains tendues sont rares ici. Elle a tendance à les refuser, de peur que ça se retourne contre elle. Mais venant de Holden, elle a envie de croire à une aide désintéressée qui ne lui réserve pas une mauvaise surprise au final. Elle fixe le sol, honteuse comme une enfant prise en faute alors qu'ils traversent la rue vers ce bar dont elle contemple les lumières tous les soirs, en s'installant à son spot.

La jeune femme n'a pas envie d'y entrer parce qu'elle sait que l'accueil ne sera pas chaleureux, bien au contraire. Pourtant, elle se laisse tenter. Il fait un froid glacial et la veste de Holden est loin de réchauffer son corps engourdi par le temps hivernal. Et comme elle le craignait, les regards se posent sur elle. Il n'y a pas de bienveillance. Ce ne sont pas ceux qu'on pose sur une jolie fille, avec respect. Ce sont ceux de charognards, prêts à récupérer les restes. Elle y voit du dégoût, de la pitié, de la colère. Rien qui ne lui donne envie de s'éterniser ici. C'était une mauvaise idée. La vie ne fait pas de cadeau, jamais, elle devrait le savoir à la longue. La colère et la frustration lui serrent la gorge. Elle a l'impression que plus elle s'enfonce dans sa marginalisation, plus la possibilité de faire demi-tour semble impossible. Comme si maintenant, elle ne pourra plus jamais se défaire de l'image de la prostituée qui lui colle à la peau. Comme si son identité se résume à ça. Elle échappe un rire sarcastique en levant les yeux au ciel alors qu'il lui demande de cesser de raconter des bêtises. La colère brûle au fond de son ventre alors qu'elle croise ses bras sur sa poitrine. Pourtant rien ne la réchauffe et ses dents claquent contre son gré. Elle lance un regard dégoûté à la cigarette qu'il veut lui offrir, la refusant d'un geste de la main. "Je touche pas à cette merde. C'est du poison." Dans ses yeux danse sa colère, son envie de tout envoyer balader y compris cette conversation.

Et elle ne détourne pas le regard pour une fois, affrontant le sien, dur. Les mots qu'il prononce la percutent comme des coups de poing. Un sourire moqueur déforme ses lèvres peintes d'une couleur sombre. "Tu voulais savoir ce que je suis devenue ? Et tu t'attendais à quoi exactement ? A ce que j'ai pu me payer des études avec l'argent magique de la magie de Noël ?" Elle s'est sentie terriblement seule quand son beau-père l'a mise dehors. Perdue, apeurée, désespérée, elle aurait fait n'importe quoi pour sortir la tête de l'eau. Et ce n'importe quoi s'était transformé en travail de la rue. Ses yeux se font arme à feu alors qu'il lui balance qu'elle devrait arrêter de croire que tout le monde lui veut du mal. Ses poings se serrent, jusqu'à sentir ses ongles s'enfoncer dans la paume de sa main. Elle pourrait lui rappeler qu'on ne lui a jamais permis de voir autrement les choses. Les gens qu'elle côtoie sont plus souvent malveillants que bienfaisants. Mais elle s'abstient. Les mots restent bloqués derrière le noeud formé par la frustration. Son corps tendu se redresse. "Et t'étais où pour me faire la démonstration de la bonté des gens quand je me suis retrouvée à la rue ? Moi j'étais là pour toi quand t'as eu ton accident, je me suis occupée de toi. Mais c'est trop facile de débarquer et de penser que je vais t'ouvrir les bras. Tu penses arriver dans ma vie pour me sauver de ce boulot de merde avec tes beaux principes et tous tes jugements. Mais y a plus rien à sauver. Tu voulais voir ce que je suis devenue, t'es servi. Ou tu préfères qu'on fasse un tour au foyer où je crèche, histoire de pouvoir aussi ricaner là-dessus ou t'as eu ton compte ?" Elle crache les mots sans réfléchir, son accent reprenant le dessus sur l'articulation comme à chaque fois que ses émotions échappent à tout contrôle. Il lui serait tellement plus facile de continuer en portugais mais elle tient à ce qu'il comprenne tout ce qu'elle lui dit, toute sa rancoeur. Pourtant, Estella sait bien qu'il n'est pas responsable de ses soucis. Mais c'est plus facile de trouver un bouc émissaire que de remettre en perspective toute la complexité de la situation.
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Holden Kelly
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MessageSujet: Re: les hurlements furieux de la nuit dans nos têtes. - Estella   Sam 16 Déc - 1:48


les hurlements furieux de la nuit dans nos têtes.
estella & holden

«La culpabilité, c'est comme une égratignure, cela fascine, et le coupable ne cesse d'examiner et de gratter la plaie, si bien qu'elle ne cicatrise jamais.»
C'est évident qu'il allait mal réagir. Holden est bien trop investi émotionnellement pour garder son calme. Dieu sait ce qu'il est capable de faire une fois qu'il a passé le cap, qu'il est passé au dessus des barrières du raisonnable. S'il s'est foutu en l'air pour un inconnu alors que pourrait-il bien faire pour Estella avec qui il n'avait cessé d'échouer ? Sa gorge se noue et il peine à inspirer la fumée de sa clope, à la laisser venir jusqu'à ses poumons pour le calmer. Il sent bien que cette nuit là risque de les anéantir, de les gober totalement mais il prend le risque. Non pas pour lui mais pour elle. Le goût amer de son sarcasme tremble encore au bout de ses lèvres et Holden donnerait tout pour le ravaler. Lui-même, il a du mal à y croire, à se reconnaître. Tu sais, il faudrait que t'arrêtes de croire que tout le monde te veut du mal. Franchement ? T'avais que ça en tête ? Que ça dans le bide après tout ce temps ? Si Estella ne lâche pas son regard, c'est lui qui le fait, à plusieurs reprises. Ses pupilles peinent à se poser, à ne pas remuer dans tous les sens. Peut-être est-il encore en train de fuir ? Mais non, il se met des chaînes, des lourdes chaînes qui le retiennent à elle pour éviter les regrets. Les regrets d'avoir joué au lâche, encore. La fuite, c'est devenu son mode de vie, sa croyance à lui. Dés que quelque chose se complique ou le tourmente, le retraité préfère tourner le dos, comme pour ne plus avoir à ressentir le poids de ses erreurs.
S'il ne fait rien, il ne pourra jamais rien se reprocher.

Tout le corps de la jeune femme est contre lui. Il peut sentir ses yeux, tenter de le fusiller, sa bouche, vouloir l'empoisonner, ses mots, vouloir le blesser. Et cette clope qu'il tient entre ses mains, qu'elle néglige d'un geste de la main aussi agressif que tout le reste. Estella est si catégorique qu'elle lui coupe l'envie de finir sa cigarette. A peine entamé qu'il la jette déjà. Tandis qu'elle déballe tout ce qui étouffe son âme, Holden ne peut s'empêcher de penser que le monde est mal fait. Pourquoi elle ? Elle, dénuée de tous les vices, en proie aux prédateurs les plus redoutables de la ville. Il ne dit rien sur le coup parce qu'elle lui coupe les jambes. Le flic ne sait plus où se mettre, plus où regarder parce qu'il se sent honteux. Honteux de faire face à la vérité. C'est vrai ça, Holden, t'étais où ? T'étais où pendant tout ce temps alors qu'Estella n'avait fait qu'être là pour toi ? C'est à ça que s'étend ton égoïsme ? Et s'il n'avait pas de limite lui aussi ? S'il était pire que tous ceux qui la payent pour coucher avec elle ? Ses mains tremblent alors que la brune donne l'air de ne jamais vouloir cesser. Il a la sensation d'être sur la chaise électrique et chacun de ses mots en sont une décharge. Il a envie de gueuler, de la couper, de lui dire de se la fermer mais rien ne sort parce que son courage se fait la malle. Le silence qui traîne après la violence d'Estella signifie qu'il a besoin de temps pour remettre ses idées en place, assumer le coup qu'il vient de se prendre.

Gêné, Holden se racle la gorge pour éclaircir sa voix au maximum et ses yeux reprennent leur fonction en s'incrustant dans ceux de la jeune-femme. Okay ... okay, t'as le droit de m'accuser de tous les torts. T'as le droit de me dire que j'ai merdé parce que c'est vrai. J'ai merdé avec toi, de A à Z, j'me suis jamais assez battu pour toi. J'ai pas affronté l'autre connard alors que putain ... on aurait pu en éviter des désastres. Mais par contre ça ... là, ouais, toute cette merde, tu peux pas m'accuser. Tu peux pas. Il prononce les trois derniers mots lentement, pour lui faire comprendre, que ça rentre en elle, que ça résonne dans tout son corps. Regarde-moi dans les yeux et ose me dire que ça aurait changé quelque chose que je sois là quand tu t'es retrouvée à la rue. Ose me dire que t'aurais pas terminé par faire le tapin dans mon dos pour survivre. Au fil de son cœur qu'il libère, Holden peut sentir la colère monter en lui. Ses mains se tendent vers elles, se posent sur ses bras pour les serrer délicatement. C'que je crois, c'est que tu penses pas pouvoir mériter mieux. J'ai beau tenir à toi, ça suffira jamais. On peut pas sauver quelqu'un qui veut pas se sauver lui-même. La gorge serrée, les yeux brillants d'une rage silencieuse, Holden la secoue un bon coup pour la forcer à être sincère avec lui, avec elle-même. Alors maintenant, si tu me dis que me présence aurait changé la donne, je partirai, je te foutrai la paix. C'est une promesse qu'il lui fait. La promesse qu'il se punira d'avoir échoué à ce point.
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