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Numbness + Bevin ∆ Flashback

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MessageSujet: Numbness + Bevin ∆ Flashback    Mar 19 Déc - 0:49

Ses mains tremblent, et elle est affaissée contre un mur. Elle a la nausée, et lentement elle glisse vers le sol, cachant sa tête entre ses genoux relevés en espérant que ça passe vite. Elle est seule dans la pièce à présent, mais l’odeur est encore là, persistante. Ca la rend malade, elle a l’impression de goûter la chair brûlée dans le fond de sa gorge ; elle est persuadée que ça la suit. Elle a envie de se laver à la javel jusqu’à ce que sa peau soit rouge et brûlante mais elle sait que cela ne servira à rien — c’est dans sa tête, dans l’illusion est assez forte pour qu’elle n’arrive à s’en sortir. Elle ne sait pas d’où vient cette habitude qu’ils ont de brûler les corps, et elle peut en comprendre la nécessité — après tout, elle est médecin, et même si elle n’est pas forcément au courant de toutes les techniques policières disponibles pour récupérer de l’ADN, elle est assez informée pour savoir qu’il est moins risqué de tout détruire par le feu — mais ça n’en excuse pas la barbarie. Et c’est elle qui en est la coupable, de cette barbarie, et elle se souvient encore de la rage qui l’avait traversée lorsqu’on lui avait présenté les preuves de la trahison de l’un des siens. Elle n’a pas beaucoup d’hommes sous ses ordres, Aoife, mais elle aime à penser qu’elle leur fait assez confiance pour mettre sa vie entre leurs mains — plus jamais.

Son trafic n’est pas l’un des plus importants, mais il est aussi risqué que les autres. Des individus qui disparaissent, ça arrive tous les jours, et normalement ils font en sorte que l’on ne retrouve pas les cadavres, surtout depuis qu’Aoife s’est retrouvée aux commandes. Elle ne veut pas savoir ni qui ils sont, ni ce que l’on en fait, mais elle veut être sûre qu’ils disparaissent. Ce qu’elle ne veut pas, c’est qu’on aille se vanter avec un verre de trop que l’on a tenu un rein entre ses mains, et qu’à présent il est dans le corps de l’un des vieux de la Famille. Ce qu’elle veut encore moins, c’est qu’on essaie de laisser des indices sur les corps pour amener ceux qui les examine, lorsqu’on les retrouve, à la mafia. Un abruti qui s’est soudainement retrouvé une conscience. Le traître n’était pas même un flic infiltré, le genre de gars qu’elle aurait pu respecter ; non c’est un idiot qui culpabilise et qui ne trouve pas mieux que de chercher à tout faire tomber sans se rendre compte qu’il avait signé son arrêt de mort.

La première balle qu’elle lui met dans le genou, ce soir-là, elle fait du bien. Ils sont dans un entrepôt vide, loin de Dublin, qui est possédé par quelqu’un qui n’a aucuns liens avec eux. Le traître, un gosse de vingt-cinq ans peut-être, est attaché sur une chaise, et il commence déjà à supplier pour sa vie. Ca lui tape sur le système. Elle n’a pas plus envie de faire ça qu’il a envie de mourir, mais elle a un exemple à donner, pour pas que les autres abrutis, tous présents, ne se mettent en tête de faire la même connerie. Elle déteste la torture, mais elle ne peut pas le tuer proprement, pas lorsqu’il a failli tout leur coûter — lui coûter — avec sa débilité. Alors il pleure, crie, rage et supplie, et elle prend elle-même les pinces pour l’électrocuter. De façon morbide, alors qu’elle l’observe, impassible, convulser contre le siège, elle catalogue tous les dégâts que l’électricité va causer à son corps. Des lésions cérébrales jusqu’aux crampes musculaires, et la faiblesse de son cœur qui grandit à mesure qu’il est parcouru par l’électrochoc. Ce serait si simple d’attendre que son cœur lâche, mais c’est encore trop peu, et elle coupe le jus. L’odeur la dérange déjà.

Elle aura cassé tous ses membres, de ses orteils à ses doigts, avant d’enfin lui laisser un peu de répit. L’homme est à peine conscient et elle a envie de vomir, mais elle doit se faire respecter, et elle n’a pas le choix. Elle frappe de toutes ses forces dans les côtes déjà brisées du garçon, et il se réveille d’un seul coup, la douleur lui faisant cracher du sang. Il est temps d’en finir, avant qu’il ne crève d’un poumon perforé, et avec un peu de chance, ça va leur faire passer l’envie de réfléchir. Son expression est toujours impassible alors qu’elle le recouvre d’essence, et elle ne tremble pas alors qu’elle lance l’allumette sur lui. Très vite, ce sont les cris, jusqu’à l’épuisement, jusqu’à la mort, et cette odeur, infâme, qui prend ses vêtements et qui imprègne ses cheveux. Mais elle regarde, elle regarde jusqu’à la fin, parce qu’elle lui doit bien ça à cet homme, et à elle-même. Elle regarde parce qu’elle ne sait pas comment elle pourra se regarder dans le miroir, ce soir, alors qu’elle devra affronter le fait qu’elle vient de brûler quelqu’un vivant. Elle vacille, mais elle tient debout juste assez longtemps pour appeler Gabriel, et pour quitter le hangar. Dehors, elle vomit.

Elle est incapable de rentrer chez elle, pourtant, et ça fait déjà des heures qu’ils ont enlevé le reste de son corps. Elle fixe le sol calciné, et elle sait qu’elle ne peut pas affronter la simplicité de sa demeure, et la forme endormie de son fils. Elle ne se sent pas humaine ; elle est monstrueuse et totalement déconnectée de la réalité. C’est un automatisme nerveux qui la pousse à adresser un SMS à Jane, court et to the point. « I need to see you. » La réponse ne tarde pas, et c’est la perspective de la soirée à venir qui lui permet de se remettre enfin sur ses pieds et de quitter cet entrepôt. Le trajet jusqu’à Dublin semble durer des heures, et enfin elle grave les escaliers de ce club si particulier qui lui permet de vivre avec elle-même. C’est un défouloir comme un autre, et ça marche pour elle, pour le moment. Elle se sent sale, et elle a besoin d’oublier, pendant un temps. Elle a besoin de perdre le contrôle, et de confier sa vie, son existence à quelqu’un d’autre. Son cœur bat terriblement fort alors qu’elle pénètre dans la chambre vide, et elle caresse l’un des rideaux de la pièce distraitement. La porte s’ouvre derrière elle mais elle ne se retourne pas, le regard perdu sur le ciel assombri de Dublin. Elle ne sait même pas quelle heure il est. « I won’t kneel. » Dit-elle simplement, mais elles savent toutes les deux que ce n’est pas vrai. La question est plutôt, combien de temps faudra-t-il avant qu’elle ne tombe à genoux.
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