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Tout ce qui est excessif est insignifiant. - Elohim.

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- Statut : aussi élégant qu'un mollusque.
- Origines : dublin est la mère dont il a tété le sein jusqu'à ne plus savoir s'en séparer. sombre mélancolique immunisé à la noirceur.
- Relations : (emrys) frère d'âme, compagnon d'infortune.
(estella) protégée.
(kermit) criminel oublié.
(maxime) ancien collègue de travail, moteur.
(sullivan) passion partagée, complicité dégradée.
(lucida) premier amour.
(elohim) petite conne.
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MessageSujet: Tout ce qui est excessif est insignifiant. - Elohim.   26.12.17 16:39


Tout ce qui est excessif est insignifiant.
elohim & holden

« Il y a une chose plus terrible que la calomnie, c'est la vérité. »
Il fuit la ville, embourbé dans sa solitude. Ces derniers temps, Holden a la sensation de s'être détaché du peu de choses qu'il lui restait, qui lui permettait encore de se lever chaque matin. Maintenant qu'il n'a plus rien, qu'il s'est éloigné du seul homme qu'il pensait digne de confiance, le retraité erre dans sa propre vie sans savoir s'il lui restera encore un semblant d'espoirs comestibles où si tous sont aussi empoisonnés les uns que les autres. Petit, on ne l'avait prévenu de ce double jeu maladif que pouvait porter le monde. Plus grand, bien sûr qu'il s'en est rendu compte de lui-même mais une part ne son âme ne pouvait s'empêcher de se dire que cela ne pouvait arriver qu'aux autres (jusqu'à ce que ça lui tombe sur le coin de la gueule). Il a encore l'impact de cette nuit-là flanquée sur le front, une superbe bosse déformant son crâne et la moitié de son sourcil gauche. Malgré son état, l'homme se souvient bien, avoir raté son lit et s'être cogné lamentablement contre sa table de nuit en allant se coucher, le coeur réduit à quelques miettes de tristesse et le corps lourd, écrasé sous une vérité qui lui avait fait plus de mal qu'il ne l'aurait jamais pensé. Il avait passé une nuit blanche, ressassant sans cesse les mots d'Emrys, sous différentes intonations, sous tous les angles, pour être persuadé qu'il n'avait rien raté de ses sentiments, pour essayer de décrypter une vérité bien à lui et donner tort à son ami. Après avoir enchaîné les nuits blanches comme on enchaîne les tournées, Holden s'est pris d'une nouvelle passion ; celle de quitter sa maison poubelle à souvenirs pour s'échouer sur les rues sombres d'un Dublin qui n'avait fait que le broyer depuis sa naissance.

Son ombre longe les murs humides et parfois crasseux des rues malfamées alors que les rires des autres traversent ses tympans. Le monde de la nuit s'offre à lui comme un étrange alien qu'il n'oserait pas approcher. Le regard à moitié dissimulé sous sa casquette, vêtu d'un vieux jean usé et d'un pull en laine, Holden n'est pas de ces hommes que l'on voudrait tenir à notre bras. Une odeur d'alcool le suit sur plusieurs centimètres, comme une entité collée à lui, prête à tout pour ne pas le laisser tomber ; mais cette silhouette là, le retraité ne se l'imagine pas. Ses sourcils se froncent dans un premier temps alors qu'il s'en approche d'un pas plus rapide. Autour d'eux, les passants défilent sans leur offrir le moindre regard. Comme du bétail, un homme en vient même à piétiner la veste du garçon échoué sur le bord du trottoir, le corps à moitié allongé sur la route qui pourrait lui écraser les jambes. Instinctivement, Holden les attrape pour les rabattre dans la zone sécurisée. Il prend quelques secondes pour analyser la situation, les dégâts sur son visage et certainement le reste de son corps. Le retraité lance un soupir, laisse son regard traverser la rue devenue soudainement vide. Pendant un instant, il se dit que laisser ce môme là serait la bonne solution -ou plutôt celle de la facilité- mais une décharge d'empathie lui traverse le corps si violemment qu'il ne peut l'ignorer. Sa large main s'échoue sur le visage de la victime pour tapoter légèrement sa joue.

Hé, gamin. Sa voix, rauque et puissante, traverse l'air avec violence alors qu'il peut le voir, cligner des yeux. Ce qui le fait grimacer sur le moment, ce n'est pas l'horrible cocard qui le salue mais plutôt ce maquillage que le môme porte. Il peut facilement apercevoir du gloss sur ses lèvres, sans compter les paillettes dans ses cheveux et ailleurs. Il ressemble un peu à un être féerique qu'on aurait rejeté de son monde en lui enlevant son pouvoir d'invisibilité. Holden ne fait pas tout de suite cas à cette superficialité désarmante et passe son autre main sous le crâne du gamin pour lui servir d'oreiller. Tu m'entends ? Tu t'appelles comment ? S'il voit que les choses vont trop mal, Holden ne s'encombrera pas d'un papillon de nuit et contactera les urgences pour les laisser prendre le relais. Bien sûr qu'il est bienveillant le retraité mais avec le temps, il a appris à devenir plus agacé et égoïste qu'autrefois parce qu'il sait que la bonté ne vous mènera nulle part. On écrase votre patience, on piétine vos bonnes intentions. Quoi que tu fasses, ce sera mal alors autant ne rien faire. Il a en horreur les déceptions.
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MessageSujet: Re: Tout ce qui est excessif est insignifiant. - Elohim.   21.01.18 23:35


Tout ce qui est excessif est insignifiant.
elohim & holden

« Moi quand j'étais un adolescent, j'ai essayé les vêtements de ma mère. J'étais pourtant sûr que ça allait vous plaire et que tous les gens s'y habitueraient. Pourtant, on m'a regardé de travers. Alors j'ai mis aussi mes habits à l'envers. J'adore les cas désespérés.
J'étais pourtant sûr que ça allait vous plaire.
Mais qu'est-ce que j'ai fait
Mais de quoi j'ai l'air
J'ai une sorte de mal, une sorte de mal, de mal que je ne définis pas »
Ce soir, c’est au Tinkerbell qu’Archie et Elohim ont décidé de s'échouer pour la nuit, prêts à gaspiller leur énergie dans cette boîte de nuit aux allures de freakshow qui défient les mentalités arrêtées des environs de ses néons visibles à des kilomètres à la ronde. Les folles qui en sortent sont parées de couleurs vives si éblouissantes qu’elles rendraient la vue à un aveugle. Aux yeux de leur communauté méprisée de la ville entière, c’est d’un véritable temple de luxure où les corps se donnent en offrande dont il s’agit là. Les deux chasseurs d’hommes s’y rendent comme s’ils allaient à un marché un peu spécial où les fantasmes se vendent à la criée. Ils s’arrêtent à un peu tous les étalages, évaluent la marchandise et finissent par repartir avec l’article le plus intéressant. Ce soir ne différant pas des autres, Sweeney n’a pas attendu son reste pour conclure et disparaitre au bras d’une âme fortunée, abandonnant l’enfant du futur seul face à la déchéance qui régnait en maître sur les lieux. Son déhanché et ses chorégraphies endiablées ne mettent pas bien longtemps à harponner l’attention d’un troupeau de personnes dont l’une d’entre elles finit par se détacher pour venir l’aborder. Pour y avoir passé le plus clair de sa jeunesse, Elohim connait les habitués de la piste de danse, et ce mec-là n’en fait définitivement pas partie. Lui, c’est plutôt le genre de brebis égarée qui n’a rien à faire de son samedi soir et qui a atterri là par pure curiosité ou alors qu’il a été victime d’une mauvaise blague de ses amis qui lui ont fait croire qu’il s’agissait d’un lieu incontournable de la ville sans préciser pour quelle raison. Après un flirt sommaire et quelques paroles-bateaux, le gamin finit par récupérer son sac à main à la consigne et se laisse entrainer à l’extérieur par son amant à usage unique particulièrement avenant. C’est le dernier souvenir clair qu’il a conservé de sa soirée qui avait pourtant si bien commencé. Elohim ignore si cet individu fraîchement rencontré était complice du guet-apens soigneusement préparé dans lequel il est tombé ou si le même sort lui avait été réservé à lui aussi mais une chose est sûre, il ne l’a pas trouvé dans les parages lorsqu’il est revenu à lui.

Il ne sait pas, Elohim, combien de temps il est resté allongé sur ce trottoir humide avant d’être ramené à la vie par la voix rocailleuse d’un passant sorti de nulle part. Assez longtemps pour que la morsure du froid lui engourdisse les extrémités au point de ne plus les sentir, ça, c’est sûr. S’il avait déjà été défiguré à plusieurs reprises en raison de son excentricité un peu trop assumée, en revanche, que quelqu’un s’arrête sans passer son chemin pour lui porter secours, ça, c’est une grande première. L’esprit encore embrumé par tous les buvards qu’il a encaissé au cours de la soirée, le gamin papillonne quelques fois des cils avant de prendre pleinement conscience de la présence de l’inconnu assez pour le ramasser à ses côtés. Sans gêne, Elohim le dévisage longuement d’un regard lascif et en vient à la conclusion qu’avec quelques kilos de moins et un léger débroussaillage de barbe, il pourrait presque le trouver à son goût. T’as pas peur que je sois contagieux ? Qu’il demande avec ironie, laissant un rire gras quitter ses poumons au passage. Dans cette ville, les êtres du troisième sexe comme Archie et lui sont plus craints que la peste et le choléra réunis par une grande majorité des habitants. Si ça se trouve, le vieil ours pourrait même être l’un d’entre eux, simplement là pour terminer le travail, mais Elohim a choisi de suivre son intuition et de ne pas s’en méfier. Après tout, vu l’embonpoint presque morbide du barbu, il ne devrait pas mettre bien longtemps à le semer s’il venait à se montrer menaçant, et ce, même avec une cheville douloureuse, probablement foulée dans sa chute. Lorsque le type finit par ouvrir la bouche, le brun arque les sourcils avec perplexité comme si c’était la question la plus évidente du monde. Il passe une main dans ses cheveux parsemés de poussière d’étoile pour laisser quelques secondes de plus à la pièce pour tomber. Elle ne tombe pas. Attends, tu sais vraiment pas qui je suis ? Tu vis sur la lune ou quoi ? Ca l’offense de savoir qu’il y a une personne vivant dans cette ville qui ignore encore son identité. McCormick, non ? Il insiste, espérant allumer une lumière dans le cerveau de l’autre pour préserver son ego d’une telle réalité. Il croise ses bras sur son torse pour se réchauffer un peu et fronce les narines de sorte à manifester clairement son écoeurement envers l’odeur alcoolisée qu’il dégage. Tu sais le bourbon, c’est fait pour se boire, pas pour se parfumer avec. Ca lui apprendra à ne pas connaître son nom, tiens. A ces mots, la sauterelle tente vainement de se redresser pour se retrouver presque aussitôt les fesses par terre, l’équilibre encore fragile. Je peux pas me lever. Qu’il déclare en se tenant la cheville, se débarrassant par la même occasion de sa botte à talon pour jauger l’ampleur des dégâts. Enflée et violacée. Comme un peu près la moitié de son corps à ce moment présent.


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MessageSujet: Re: Tout ce qui est excessif est insignifiant. - Elohim.   26.01.18 23:07


Tout ce qui est excessif est insignifiant.
elohim & holden

« Il y a une chose plus terrible que la calomnie, c'est la vérité. »
Holden savait bien qu'il finirait pas regretter de s'être arrêté auprès de ce gamin. Il le savait mais il a toujours eu tendance à être un peu con. Même maintenant qu'il est fauché, le retraité ne peut pas passer devant un clochard sans lui donner quelques pièces alors qu'il est souvent lui-même moins classe qu'eux. Même ce soir, il ressemble pas à grand chose mais dans l'état où il est, le barbu s'en fiche. S'il grimace sur le moment, c'est parce que ses genoux le font souffrir à être accroupi de la sorte. Son poids posé sur ses vieilles articulations ne lui font généralement pas de cadeaux. Certainement trop vieux pour comprendre la question du môme, Holden ne lui répond pas et se recule légèrement alors que la vie continue tout autour d'eux. C'est là qu'il se rend compte de sa tenue excentrique, des paillettes qui semblent être sa deuxième peau et de tout le reste. Il en a déjà vu des cas au poste mais des comme ça. Certainement la première fois qu'il en croise. Il a la sensation d'être au carnaval. A moins que ce gamin là ne vienne d'une soirée déguisée. Peut-être qu'il lui demandera plus tard. Enfin, si Holden garde suffisamment de patience pour cela. Il a beau être gentil, une bonne patte comme le disent les autres, il est plus aussi cool qu'avant. La vieillesse ça rend con et c'est bien vrai. Il s'en rend compte tous les jours, surtout lorsqu'il se surprend à râler contre les jeunes de son quartier, klaxonner pour un oui et un pour un non en voiture. Un rien l'énerve. Une véritable plaie, c'est tout ce qu'il est en train de devenir.

Le retraité laisse ses yeux balayer les environs parce qu'il a l'horrible sensation que l'on est en train de lui faire une caméra cachée et qu'on le verra dans quelques jours dans une émission complètement débile à la télévision. Ce qui l'embêterait le plus si c'était le cas, ce serait qu'une partie du pays le voit à moitié bourré à l'écran. Déjà qu'en vrai c'est pas vraiment joli à voir alors à la télé. McCormick ? Qu'il répète instinctivement. Sur le moment, il fait pas vraiment le lien avec Lucida, les années ont édulcoré ses souvenirs alors il hausse les épaules. T'es le fils du boucher McCormick ? Holden lui demande, sérieux, parce que c'est le seul qu'il connaisse sous ce nom là. Sur le moment, il lui trouve pas vraiment de ressemblance mais qu'importe. Le flic se racle la gorge et se retient de remballer immédiatement le môme. S'il se la ramène pas avec violence, ce doit être parce que le petit a raison, au fond, qu'il doit puer l'alcool à des kilomètres mais il s'en fout. C'est vrai que t'es un exemple en matière de goût toi. Même si Holden la ramène pas plus que ça, il est pas vraiment décidé à laisser un petit con lui faire la morale et avoir le dessus sur lui. Il en a vu passer des rebelles qui se croyaient plus malin que tout. C'est pas celui là, trente kilos tout mouillé en enlevant ses six kilos de maquillage qui va l'impressionner.

Lorsque McCormick se plaint de sa cheville, Holden fronce les sourcils en voyant sa chaussure qu'il trouve de très mauvais goût. Qu'est-ce que ça peut m'faire. T'es vivant c'l'esssentiel. C'est qu'une cheville, y en a qui ont des jambes de bois et qui s'plaignent pas. Il aurait peut-être eu des remords de le retrouver mort mais maintenant qu'il a ouvert la bouche, celle idée là ne lui dit plus rien. Avec la grâce d'un phacochère, le retraité se redresse en lâchant un râle pour se donner le courage de faire travailler son dos un peu douloureux. Bon c'est pas tout la perruche mais le saoulard a besoin de sa dose de bourbon. La prochaine fois, mets des chaussures comme tout le monde ça ira peut-être mieux pour tes chevilles. Il marque une pause, reprend son souffle, posant ses mains contre sa taille avant de continuer, pointant du doigt ses pieds. C'est pas des chaussures ça mais des échasses. La vieux con dans toute sa splendeur, pas capable d'ouvrir son esprit une seconde. Et encore, il garde le reste de ses réflexions, ce qu'il pense sur sa tenue affriolante. Les paillettes lui feraient presque mal aux yeux rien qu'à le regarder. Sur ce. Holden termine pas sa phrase et tourne le dos, prêt à partir, plus vraiment motivé à venir en aide à un môme un peu trop gâté à ses yeux. S'il n'était pas l'enfant roi, ses parents ne le laisseraient pas venir au beau milieu de la nuit dans une telle tenue, il en est persuadé.
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MessageSujet: Re: Tout ce qui est excessif est insignifiant. - Elohim.   26.02.18 19:04


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« Moi quand j'étais un adolescent, j'ai essayé les vêtements de ma mère. J'étais pourtant sûr que ça allait vous plaire et que tous les gens s'y habitueraient. Pourtant, on m'a regardé de travers. Alors j'ai mis aussi mes habits à l'envers. J'adore les cas désespérés.
J'étais pourtant sûr que ça allait vous plaire.
Mais qu'est-ce que j'ai fait
Mais de quoi j'ai l'air
J'ai une sorte de mal, une sorte de mal, de mal que je ne définis pas »
Il se retrouve un peu bête, Elohim, lorsque l'autre l’envoie paître sans autre forme de procès. Il se masse les tempes en réfléchissant à ce qu’il a bien pu dire de travers cette fois pour qu’il se retrouve piqué au vif comme ça, pour rebuter la bienveillance dont il faisait preuve encore quelques secondes plus tôt. Il a jamais beaucoup pris les émotions des autres en considération, McCormick, c’est pas une notion qu’on lui a inculqué puis il en a jamais eu besoin. Depuis tout petit, il n’a toujours eu qu’à taper du pied pour obtenir l’objet de ses désirs, pour qu’on soit à ses petits soins alors il a tendance à oublier, le môme, que les autres aussi ont un ego qu’ils chérissent et qu’il ne faut pas traiter trop rudement. Il se respecte déjà pas lui-même, alors respecter les autres, c’est un concept qui lui est un peu étranger. D’un geste habitué, il ôte ses escarpins pour les caler sous son bras - il ne voudrait pas prendre le risque de casser un talon - et se mettre à la poursuite de l’autre qui est déjà en train de s’éloigner à vive allure en claudiquant. Hé attends ! Je voulais pas te manquer de respect, c’est juste ma façon d’être. Et un peu la drogue aussi. Il sait très bien que c’est pas une excuse valable, mais c’est la vérité. Il reprend péniblement le souffle qui lui manque, comme à chaque fois qu'il fait un effort. La joie d'avoir des poumons malades. Va surtout pas dire au boucher que je suis son fils, il risque de plus vouloir te servir après. Il hausse les épaules dans le vide et poursuit sur sa lancée, rendu loquace par toutes les drogues qu'il s'est enfilé. Mon père, le vrai, tu peux pas le connaître, il vient du futur. Qu’il décrète avec le plus grand sérieux du monde, parce qu’il y croit dur comme fer, Elohim, aux histoires que Lucida lui a raconté. Il soulève alors ses chaussures pour les agiter sous le nez de l’inconnu en les observant avec attention. Sans blague, tu les trouves vraiment moches ? Ma mère elle dit que je les porte mieux que toutes les greluches de la ville. Il donne un coup de tête en direction d’un de ces immenses panneaux publicitaires qui ont fleuri partout dans la ville. On ne peut plus faire deux pas sans en croiser un, impossible. C’est elle, ma mère. Lucida, comme la plus brillante des étoiles et crois-moi elle porte drôlement bien son nom. On peut sentir l’admiration sans borne qu'il lui dédie poindre dans sa voix et ça en dit déjà long sur la relation pas toujours des plus saines qu’il entretient avec sa mère. Elohim. Qu'il crache pour briser la glace en lui tendant la main, espérant que ça lui suffise pour marquer un nouveau départ et lui faire oublier son comportement exécrable.

Si Elohim est vêtu si légèrement ce soir, c’est qu’il n’avait pas forcément prévu de passer la moitié de la nuit à se les cailler dehors. Il a rarement pris un coup de froid au milieu des corps en surchauffe qu’ils côtoyaient en boîte de nuit, là où ses collants résille et sa robe un peu trop échancrée suffisaient amplement à le garder au chaud. Dans sa précipitation pour rejoindre le vieil ours, il a délaissé sa veste sur le trottoir et il ne trouve rien de mieux à faire pour se revigorer que se frotter les bras avec énergie en serrant les mâchoires pour éviter à ses dents de s’entrechoquer. Tu connaitrais pas le numéro des taxis, à tout hasard ? Je crois que mon pote m’a oublié ici. Il en est même certain, parce qu’il ne voit leur porsche rose flamboyante nulle part dans la rue et qu’un bolide comme ça, même en étant bourré comme toute la Pologne, on pouvait pas vraiment le louper. C’était pas la première fois qu’Archie rentrait sans lui en oubliant de le prévenir de son départ. Généralement quand il finissait par trouver un moyen de rentrer, il retrouvait le mannequin en goguette dans leur immense canapé. Il ne prenait même pas la peine de s’excuser parce que c’est normal pour Archie, de toujours se faire passer avant les autres et Elohim ne disait rien parce qu’il avait fini par s’y faire à la longue, aux frasques égoïstes du blond. Ses yeux fatigués voguent un instant autour de lui et il décide que finalement, il est pas d’humeur à rentrer se coucher toute de suite. Oh et puis non, tu sais quoi ? J’vais te le payer ton bourbon, pour me racheter. Et il s’en fiche pas mal, le papillon de nuit, si les bars du genre sont de véritables coupe-gorges pour les microbes dans son genre. Dans le pire des cas, il s’était tellement fait ravaler le portrait qu’il doutait qu’on puisse lui faire pire pour ce soir. D’un pas enjoué, il se dirige vers le seul bistrot dont les lumières sont encore allumées, sans même se retourner pour voir si le barbu le suivait, ni se demandait si ce ronchonchon a envie ou non de s’afficher en public avec un énergumène pareil.



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