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Furor Divinus - PV Maeve

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Strangers
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J'existe. Et je trouve ça écoeurant.

- Statut : En couple avec Shiva et Satan.
- Origines : Américaines, Los Angeles.
- Pseudo : Hybris
- CELEBRITE : Joseph Gilgun
- AGE : 27
- MESSAGES : 48
- CRÉDITS : Hodell
- PIEGE DEPUIS : 09/05/2018
- Clovers : 80
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MessageSujet: Furor Divinus - PV Maeve   24.05.18 22:47

Furor Divinus
 


« Aujourd’hui, la maison de Dieu est en train de brûler.
Et c’est encore de ma faute. »


Derrière mes lunettes d’aviateur, mes pupilles dilatées sont reflétées par l’éclat vivifiant d’un feu qui domine les fondations d’une ancienne église. Au-dessus de celle-ci, une longue fumée noire commence à s’élever en atteignant des sommets vertigineux, virevoltant dans l’air comme une succube sensuelle et satanique. Bien que l’ancien temple ait été prestigieux autrefois, des bras enflammés entourent désormais les poutres de la demeure spirituelle, dévorant la matière avec une gourmandise insatiable. Le bois chute. La pierre fume. Et les anges pleurent. Mais le diable lui sourit à pleines dents, assis confortablement à l’intérieur de sa voiture en admirant dans l’ombre de la nuit les pilotis d’un édifice qui se désagrège. Je prends mon temps d’observer le feu se propager en imbibant mes lèvres d’une vieille bouteille de bourbon. La radio allumée, la voix mielleuse de la présentatrice essaye de faire correctement son boulot :

« … Il est 2h32 et ce soir, nous écouterons Blues Party du fameux chanteur australien, Kenny Lee ! »

Américain, putain. Un chanteur américain. Quel pays de racistes en puissance. Au moins, elle vient d’annoncer du « blues » pour ce soir. Parfait pour le spectacle de ce soir. Les lèvres retroussées, je me laisse bercer par les premières notes de la guitare électrique en tapant du pied. Aujourd’hui, je ne me suis pas attaqué impunément au Seigneur. Depuis le début, Dieu n’a jamais été ma cible. Ce temple abandonné a accueilli quelques dealers afin qu’ils puissent hiberner à l’intérieur des ruines. Des toxicomanes et des petits joueurs du milieu du crime viennent d’être exterminés dans leur sommeil par la haine démesurée d’un touriste américain pas très chrétien. Je ne recherche pas à purifier Dublin en endossant le rôle du héros péteux  avec une cape et un slip rouge en latex, mais j’ai des principes lorsque des connards d’opportunistes essayent de refourguer leurs merdes à des jeunes gosses qui considèrent toujours un McDonald’s comme un restaurant de luxe. Donc, au lieu de rentrer à la maison et de courir tout nu dans ma prairie verdoyante en aboyant comme un loup, le gentil touriste que je suis a décidé de sortir quelques grenades de phosphore blanc de l’armée syrienne afin de les utiliser pour le « fun ». Et bordel, qu’est-ce que c’est excitant … Semer le chaos sur son passage est toujours une sensation terriblement aphrodisiaque. En vérité, cela permet de tuer beaucoup de choses : le temps, la solitude et des martyrs qui ont oublié où se situent leur place.

Enfin, les rideaux de feu commencent à se lever, laissant la double porte de l’église s’ouvrir à la volée. Et putain, je suis en train de prendre mon pied lorsque je vois les drogués vociférer de douleur en sortant en toute hâte du bâtiment. Beaucoup d’entre eux sont recouverts par les flammes purificatrices d’un monde qui ne les a jamais désirés. Le feu dévorant leur chair et leurs os, tout le voisinage peut dorénavant entendre leurs hurlements exploser comme la déflagration des mortiers, leurs sanglots et leur pitié se répercutant à l’unisson comme un chant céleste. Il n’y a pas de drogue plus forte que le fait de regarder les hommes tomber. Aussi dérangé qu’un gosse de quatre ans qui porte son premier fusil de chasse, je gesticule sur mon siège en rugissant de victoire, la paume de ma main cognant à plusieurs reprises le volant. Je les regarde essayer de survivre en tentant vainement de se libérer du feu qui les consume les uns après les autres.

L’espoir est beau. Emouvant de clarté.

La rue désormais pavée de charognes carbonisées, il serait peut-être judicieux de prendre de la distance et me tirer d'ici. En effet, la sirène des pompiers et des flics ne sont plus très loin à présent. Terminant le fond de ma bouteille, je la jette par la fenêtre avant d’allumer le moteur du véhicule. Le ronflement de la bête motorisée s’éveille à nouveau et je décide de m’éloigner sagement de l’incendie.

Après une dizaine de minutes, je parviens à m’enfiler dans la rue proche des garages du Grey C. Workshop. Putain de Greyhounds et leur décimation à la con… Ils ont en tous bavé. Après l’explosion, le territoire a été déserté. Pas de piétons, pas de taxis, juste quelques résidences en face et le panneau qui tangue à l’entrée d’une épicerie encore allumée. Tout en laissant le moteur allumé, je décide de sortir à mon tour afin de m’étirer un peu. Le vent se lève et vient caresser mes joues, soulevant les coins de ma veste sans aucune peine. L’excitation commence à se dissiper et ma demi-molle se décide enfin à se détendre à l’intérieur de mon pantalon. Tout en inspirant longuement, je prends conscience que la soirée est enfin terminée. D’ici quelques heures, les premières lueurs de l’aurore commenceront à émerger en inondant le ciel de sa grâce orangée. Désormais, je ne désire qu’une seule chose : retrouver ma douche avant de frapper la gueule de Morphée jusqu’à l’épuisement dans un sommeil très profond. Et peut-être que le lendemain, je me laisserai tenté par la vie simple d’une retraite sans encombre… ?

Une belle connerie.



 
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